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Rhumatisme psoriasique : l'ustekinumab (Stelara®), un nouveau traitement

L'ustekinumab (Stelara®) pour le rhumatisme psoriasique

Après le psoriasis en plaques chez l’adulte et chez l’enfant, la mise à disposition de l’ustekinumab (Stelara®) dans le traitement du rhumatisme psoriasique (RP) marque une étape supplémentaire dans la prise en charge de cette maladie.

Doté d’un mécanisme d’action différent de celui des anti-TNF alpha, cet anticorps monoclonal humain[1] anti-interleukines 12 et 23, est aujourd’hui indiqué dans le traitement du rhumatisme psoriasique actif chez l’adulte lorsque la réponse à un précédent traitement de fond antirhumastismal non–biologique (DMARD)[2] a été inadéquate[3].

Cet anticorps monoclonal utilise depuis plus de sept ans dans le psoriasis cutané a fait la preuve du maintien à long terme de son efficacité dans le rhumatisme psoriasique et de la stabilité de son profil de tolérance.

L’arrivée de cette alternative au traitement par anti-TNF alpha pour la prise en charge des patients atteints de RP éligibles à un biomédicament est l’occasion de souligner l’importance du diagnostic de cette spondylarthropathie qui touche jusqu’à 30% des patients ayant un psoriasis cutané. Diagnostic trop souvent retardé car complexe. Ce qui renforce donc la nécessité de la collaboration entre dermatologues et rhumatologues.

[1] Les anticorps sont des protéines produites par notre organisme pour le protéger des substances étrangères qui y pénètrent appelées antigènes. Ainsi, pour quasiment chaque molécule érangère qui pénètre notre corps correspond un ou des anticorps. Un anticorps monoclonal est issu d’une seule et même cellule.

[2] DMARD : (disease modifying anti-rheumatic drugs) ce sont des traitements de fond visant à contrôler les manifestations inflammatoires cliniques de la maladie, et à freiner son éventuelle évolution destructrice.

[3] Journal Officiel du 27 octobre 2015 (texte10)

Psoriasis, soleil et traitements : pour passer de bonnes vacances !

La période estivale est souvent attendue et redoutée. Les vêtements se font plus légers, le corps se dévoile et avec lui, sa peau.

L’agréable chaleur tant espérée nous donne des ailes et nous pousse à sortir, à nous exposer aux yeux des autres et à affronter leur question et/ou regard. Comment profiter au mieux des beaux jours ? Le Dr Marie BASTIEN, dermatologue de ville (94) répond à toutes vos questions.

Pour que cette période de vacances se déroule bien, que faut-il éviter ?

Le nombre de cancers de la peau est en constante augmentation et le soleil y participe. Il faut donc impérativement se protéger même si le soleil peut améliorer ses plaques de psoriasis. De plus le “coup de soleil” est une brûlure, donc une irritation, et peut ainsi aggraver les lésions par le phénomène de Koebner. L’exposition solaire doit être progressive, avec des écrans solaires d’indice 50 pour commencer, à renouveler toutes les 2 heures.

Puis-je me baigner ?

L’eau de mer est salée et ce sel rend la baignade très inconfortable si la peau est lésée. Le bain devra être court avec un rinçage avec de l’eau douce immédiatement après…ou reporté à plus tard ! Quelque soit le type d’eau, après la baignade il est important de bien hydrater sa peau.

Que faire avec mes traitements ?

Surtout ne pas tout arrêter, un rebond risquerait de gâcher cette période de congés. Les traitements locaux (dermocorticoïdes, association dermocorticoïdevitamine D, tazarotène) ne sont pas photosensibilisants. Toutefois leur application est conseillée le soir après avoir mis son émollient (crème hydratante), pour ne l’étendre avec l’écran solaire et/ou le disperser lors de la baignade.

Les traitements systémiques ne sont pas photosensibilisants mais…

  • Soriatane* rend la peau plus fragile aux traumatismes donc au soleil aussi.
  • Certaines destinations obligent à des vaccins vivants (fièvre jaune) incompatibles avec le méthotrexate et les biologiques. Un arrêt du traitement est alors nécessaire.
  • Par ailleurs, les biologiques sont des injections et pour la plus part la chaine du froid est à respecter. Les laboratoires fournissent le matériel pour le transport et votre médecin fera une ordonnance en anglais pour passer les frontières.

Pour des voyages hors de notre territoire :

  • Penser à avoir des assurances maladie et rapatriement
  • Prendre des mesures de précautions vis-à-vis de l’alimentation, des boissons…

Pour conclure

Psoriasis et traitements ne doivent pas empêcher de profiter de ses vacances. Des aménagements ou des adaptations sont parfois nécessaires. Une consultation auprès de son dermatologue quelques semaines avant le départ peut être utile pour faire le point sur “ma peau-le soleil-mes traitements”.

Et pour toute autre question, n'hésitez pas à nous contacter.

Voyager avec mon traitement par injection

Documents nécessaires avant votre départ

En cas de départ à l’étranger, consultez votre médecin pour vous assurer d’avoir la quantité de médicaments nécessaire.

N’oubliez pas de lui demander de vous établir un certificat médical et/ou une ordonnance (en anglais) pour vous permettre de transporter votre traitement par biothérapie en cabine dans l’avion si vous empruntez ce moyen de transport.

  • Certificat médical bilingue.
  • Carte européenne d’assurance maladie
  • Pour un pays situé dans l’Union Européenne, vous devez demander au moins deux semaines avant votre départ votre carte européenne d’assurance maladie.

Si vous devez vous rendre dans un pays hors de l’Union Européenne, renseignez-vous auprès de votre caisse d’assurance maladie sur les formalités à accomplir concernant votre protection sociale.

Précautions à prendre avant votre départ

Vaccins :

Otezla, un nouveau traitement pour le psoriasis et le rhumatisme psoriasique

Otezla, un nouveau traitement pour le psoriasis et le rhumatisme psoriasique approuvé aux États-Unis par la "Food and Drug Administration"

Approuvé aux États-Unis par la "Food and Drug Administration" (équivalent de notre agence du médicament ANSM), le traitement Otezla (Molécule Aprémilast) vient d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché (AMM) aux États-Unis.

Sous forme de comprimés de 30 mg à prendre deux fois par jour, ce traitement est indiqué pour les personnes souffrant de psoriasis modéré à sévère. Otezla (Aprémilast) est donc une nouvelle option de traitement qui, selon les résultats de 3 essais cliniques portant sur 1.493 patients atteints de rhumatisme psoriasique actif, permet de soulager la douleur et l’inflammation et d’améliorer la fonction physique.

Des effets indésirables : le traitement par Otezla nécessite le suivi du poids par un professionnel de santé et, en cas de forte perte de poids, l’arrêt du traitement doit être envisagé. Autre risque d’effet secondaire, une augmentation du risque de dépression vs placebo. Enfin, d’autres effets indésirables plus légers ont été observés avec Otezla, lors des essais cliniques, comme la diarrhée, des nausées, des maux de tête.

Le 21 mars dernier, ce même traitement avait déjà obtenu aux Etats-Unis, l'AMM pour l'indication du rhumatisme psoriasique.

En Europe l’EMA doit donner son avis pour l'autorisation en février 2015. Dans le cas où l’avis serait favorable il pourrait être disponible en France courant 2016.

Nous vous tiendrons informés des que l’avis  de l’EMA sera rendu publique.

 

Adalimumab (Humira)

Qu’est-ce que l'adalimumab ?

L’adalimumab est un médicament utilisé dans le traitement de certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou le psoriasis cutané et articulaire. Dans ces maladies inflammatoires chroniques, le TNF alpha, molécule favorisant l'inflammation, joue un rôle central. L’adalimumab, est un anticorps spécifiquement destiné à se fixer au TNF alpha inhibant la fixation de cette molécule sur son récepteur naturel. L'adalimumab empêche ainsi le TNF alpha d'exercer son action inflammatoire et de provoquer les lésions de psoriasis. En France, l’adalimumab est autorisé depuis 2008, comme traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère chez l'adulte, et depuis 2016 pour le traitement du psoriasis de l’enfant âgé de plus de 4 ans. Il est réservé aux patients qui n'ont pas répondu ou qui ne pouvaient pas prendre d'autres traitements, comme la ciclosporine, le méthotrexate ou la puvathérapie.

Comment se déroule le traitement par adalimumab?

Avant le traitement par adalimumab, votre médecin effectuera un examen clinique complet à la recherche d’anomalies neurologiques, cardiaques, de ganglions suspects, d’infection active etc…contre indiquant le traitement. Il recherchera aussi par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique et particulièrement de tuberculose, de maladie cardiovasculaire, de maladies neurologiques, de néoplasies ou de maladies auto-immunes.. On vous proposera également une prise de sang comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille tuberculeux par une intradermoréaction à la tuberculine ou un par dosage Quantiféron®, une radiographie du thorax.

Le traitement est administré à raison d’une injection sous cutanée de 40 mg toutes les 2 semaines après un traitement d’attaque les deux premières semaines : double dose la première semaine (2 fois 40 mg), suivie d’une nouvelle injection de 40 mg la semaine suivante (puis 40 mg tous les 15 jours.
Chez l’enfant la dose est de 0,8mg/kg sans dépasser 40 mg par injection au même rythme que chez l’adulte.

Comment est pris en charge de traitement par adalimumab ?

Adalimumab est disponible en pharmacie de ville à partir d’une ordonnance spécifique de Médicament d’Exception prescrite initialement par un médecin hospitalier. Une prise en charge à 100 % est possible pour certains patients atteints de rhumatisme psoriasique (maladie inscrite à la liste des Affections de Longue Durée) et dans certaines situations, pour des patients atteints d’un psoriasis sévère. Selon la législation actuelle, la demande de prise en charge à 100% doit être effectuée par votre médecin traitant. Le dermatologue de ville peut renouveler le traitement pendant une durée de 1 an.
Il est prudent de passer commande et prévoir un délai de conditionnement pour la livraison à la pharmacie d’officine.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par adalimumab ?

L’efficacité du traitement par adalimumab est variable suivant les patients. En général, une amélioration du psoriasis est observée dans environ 70% des cas après 4 mois de traitement. Ce résultat se maintient le plus souvent sous traitement. A l’arrêt du traitement, des lésions cutanées réapparaissent en 5 mois en moyenne chez 30% des patients préalablement traités. Cependant, l’efficacité du traitement est inchangée et les lésions de psoriasis restent sensibles au traitement par adalimumab en cas de reprise du traitement.

Durée du traitement par adalimumab

Dans le psoriasis, l’efficacité de l’adalimumab sera appréciée par le médecin au plus tard 4eme mois de traitement. Au-delà de ces 4 mois de traitement, en cas de réponse insuffisante, la fréquence d’administration peut être augmentée à une injection à 40 mg toutes les semaines et la dose peut être à nouveau réduite à 40 mg toutes les 2 semaines en cas de réponse jugée ensuite suffisante. Si l’adalimumab n’a pas eu d’effet après le 4eme mois de traitement, le médecin pourra être amené après discussion avec vous à arrêter le traitement.
En cas de réponse favorable au traitement, il est préférable de poursuivre le traitement de façon continue.

Le traitement par adalimumab peut-il présenter des effets indésirables ?

Comme tous les médicaments, l’adalimumab est susceptible d’avoir des effets indésirables. Tout effet inhabituel doit être signalé à votre médecin. Ces effets indésirables sont assez rares mais il est important que vous les connaissiez et les signaliez à votre médecin :

  • l’effet indésirable le plus fréquent chez l’adulte est une réaction cutanée sur la zone de l’injection, pouvant se traduire par une démangeaison, un endolorissement, une rougeur, un saignement, une ecchymose, un gonflement ou une douleur. Généralement, ces réactions sont moins fréquentes après le premier mois de traitement. Leur durée moyenne est approximativement de 3 à 5 jours. Ce type de réaction cutanée n’empêche généralement pas la poursuite du traitement. Pour limiter la survenue de ces réactions, il est important de laisser réchauffer à température ambiante le produit en le sortant du réfrigérateur environ 15 minutes avant son injection et de l’injecter très lentement.
  • ce traitement peut également favoriser les infections. Certaines infections sont banales : infections des voies respiratoires supérieures, bronchites, cystites, infections cutanées. Les infections graves sont rares : pneumonies, cellulite, arthrites septiques, septicémies. Très rarement des cas de tuberculose (réveil de tuberculose latente) ont été observés chez les patients traités. Si une infection grave est confirmée, le traitement par adalimumab doit être arrêté.
  • en cas d’apparition de signes ou de symptômes évoquant une infection (tels que fièvre persistante, douleurs de gorge, rougeurs de la peau, saignement, pâleur) il est important de consulter immédiatement votre médecin. Si une infection est confirmée, le traitement par adalimumab doit être arrêté.
  • à long terme les études n’ont pas mis en évidence de risque supérieur pour des patients traités pour un psoriasis de développer des cancers, notamment profonds en dehors peut être d’un sur risque modéré de carcinomes cutanés. Par contre le risque serait de méconnaître un cancer présent non diagnostiqué. Il est recommandé de suivre toutes les mesures de dépistage classiquement proposées et d’être régulièrement vu en consultation par votre médecin.
    Si un cancer est confirmé, la poursuite du traitement par adalimumab sera discutée avec votre médecin.
  • de rares cas d’éruptions cutanées ont été observés sous adalimumab (eczéma, aggravation de psoriasis, lupus cutané) Dans ces cas il faut consulter votre médecin et des examens complémentaires doivent être réalisés.
  • de très rares cas d’atteinte du système nerveux ont été rapportés chez des patients traités par adalimumab. Ils surviennent le plus souvent chez des patients atteints au préalable d’une maladie neurologique, comme la sclérose en plaques. En cas de faiblesse musculaire, de picotements dans les extrémités ou de troubles des sensations au froid ou au chaud, consultez votre médecin.
  • de rares cas d'aggravation d'insuffisance cardiaque chronique ont été rapportés chez les patients traités par adalimumab et présentant au préalable une maladie cardiaque. Dans ces cas, une échographie cardiaque doit être pratiquée ; si une aggravation de l’insuffisance cardiaque est confirmée, le traitement par adalimumab doit être arrêté.

Y a-t-il des précautions à prendre lors du traitement par adalimumab ?

Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement, mais si il le juge nécessaire votre médecin peut demander régulièrement un suivi des cellules du sang par la numération formule sanguine et un suivi du bilan du foie. En cas de symptômes anormaux (fièvre, ganglions, grande fatigue, éruptions cutanées, essoufflement), vous devrez suspendre les injections et consulter votre médecin.

Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement.

Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés.

Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.

Les femmes en âge de procréer doivent avoir une contraception fiable même si les études cliniques chez l’homme et l’animal n’ont montré aucune toxicité. La grossesse doit être évitée pendant tout le traitement et encore pendant 5 mois après l’arrêt du traitement par adalimumab. L’allaitement est contre indiqué.

Une prise de poids est possible sous traitement du fait du mécanisme d’action de la molécule anti TNF alpha. Le risque est plus marqué pour les patients ayant un poids initial normal avant traitement que pour ceux en surpoids. La prise de poids est dans la majorité des cas limitée et survient surtout au cours de la première année de traitement et le poids a tendance à se stabiliser ensuite. Des mesures de suivi diététique et un exercice physique régulier sont recommandés.

Le traitement ne doit pas être congelé. Il doit être conservé au réfrigérateur entre +2°C et +8°C. Il peut aussi être conservé à une température ambiante ne dépassant pas 25°C pour une durée maximum de 14 jours non renouvelable à l’abri de la lumière après quoi le traitement doit être jeté si il n’a pas été utilisé. Pendant cette période il ne doit pas être remis au réfrigérateur.

Certaines situations de la vie quotidienne peuvent nécessiter une adaptation du traitement

  • Séjour à l'étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse. Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée avec votre médecin.
  • Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par adalimumab avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Date de mise sur le marché en France : 08/09/2003

Mise à jour le 24 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Ciclosporine orale

Qu’est-ce que la Ciclosporine ?

La Ciclosporine est un médicament utilisé pour plusieurs types de maladies : pour le traitement préventif du rejet de greffe d’organe lors de transplantation ainsi que pour le traitement de certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis ou la dermatite atopique.

La Ciclosporine est utilisée sous la forme de capsules à 10, 25, 50 et 100 mg. Le traitement est administré par voie orale en 2 prises par jour, une le matin et une le soir. La dose de produit à prendre varie en fonction du poids et de la maladie à traiter.

Habituellement on débute le traitement avec une dose comprise entre 2 mg/kg et 5 mg/kg/jour

Comment se déroule le traitement par Ciclosporine ?

Avant le traitement par Ciclosporine, votre médecin vérifiera l’absence de contre indications. Il effectuera un examen clinique, une prise de la pression artérielle et un bilan biologique comportant : un dosage des électrolytes sanguins, un bilan du rein avec dosage de la créatinine sérique, une étude des cellules du sang ( numération formule sanguine), un bilan du foie, un dosage du cholestérol, des triglycérides, de la glycémie, de l’acide urique et du magnésium. Il peut être amené à vérifier l’absence d’infection chronique virale (hépatite virale, infection par le VIH ou autre). Le médecin pourra vous demander de faire vérifier votre état dentaire car les infections dentaires chroniques peuvent s’aggraver sous traitement. Chez la femme il est nécessaire d’avoir un bilan gynécologique avec réalisation, si il n’est pas fait régulièrement, d’un frottis cervico-vaginal de dépistage afin d’éliminer une infection à papillomavirus.

Une fois la normalité de ces examens établie, votre médecin vous prescrira la ciclosporine (NEORAL®). La première prescription et renouvellement tous les 6 mois sont nécessairement assurés par un médecin hospitalier.

Une prise de sang de contrôle (bilan du rein) sera à réaliser une fois par mois. Des bilans biologiques intermédiaires peuvent également être demandés (bilan du foie, cholestérol, triglycérides). Votre médecin vous reverra régulièrement pour un examen clinique, une évaluation de l’efficacité de la tolérance du traitement ainsi qu’une prise de la pression artérielle.

En fonction des résultats du traitement la dose de NEORAL® pourra être modifiée au cours du temps.

Durée du traitement par Ciclosporine

Pour le psoriasis la durée du traitement par Ciclosporine varie de quelques mois (traitement en cures brèves intermittentes) à plusieurs années (traitement continu d’entretien) en fonction de la tolérance et de l’efficacité. De manière générale il est recommandé de ne pas dépasser deux ans de traitement continu.

L’efficacité du traitement varie suivant les patients. En général, une amélioration très importante du psoriasis est obtenue chez 60 à 80% des patients. L’effet maximum est obtenu en environ 3 à 4 mois et il se maintient sous traitement le plus souvent. Habituellement, au bout d’un mois l’effet positif du traitement commence à être ressenti. A l’arrêt du traitement, les lésions cutanées réapparaissent en 2 à 4 mois en moyenne. Cependant la sévérité de la maladie cutanée est souvent moins importante qu’avant de commencer le traitement.

Le traitement par Ciclosporine peut induire des effets indésirables

Les effets indésirables les plus fréquents s’observent en début de traitement et ils peuvent comporter une fatigue, un tremblement des doigts, des sensations de fourmillement dans les doigts ou dans les pieds, des céphalées (mal à la tête), des douleurs musculaires. Ces effets sont observés chez 10 à 20% des patients.

Des effets digestifs (nausées, douleurs abdominales et diarrhées) peuvent être observés en début de traitement.

Il est important de surveiller la pression artérielle car une augmentation de la pression artérielle peut être observée sous NEORAL.

Par contre le traitement ne s’associe pas à une prise de poids.

Effets indésirables plus rares

Une atteinte de la fonction rénale (qui se manifeste par une augmentation de la créatinine sanguine) peut être observée lors des traitements prolongés par Ciclosporine. Si cela survenait il faudrait diminuer la dose de Ciclosporine utilisée ou arrêter le traitement. Cet effet indésirable est réversible à l’arrêt du traitement et c’est pour cela qu’une surveillance rapprochée est nécessaire.

Par ailleurs, la Ciclosporine peut diminuer les défenses de l’organisme et favoriser la survenue d’infection. Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés. En cas de fièvre sous traitement par Ciclosporine, il faut consulter votre médecin.

Chez les patients ayant reçu de nombreuses séances de photothérapie (PUVA principalement), le traitement par ciclosporine peut favoriser la survenue de cancers cutanés. Une surveillance régulière par le dermatologue est nécessaire et vous devez consulter en cas d’apparition de nouvelles lésions cutanées. Le risque de lymphomes chez les patients traités pour un psoriasis est exceptionnel.

D’autres effets indésirables plus rares peuvent être observés : une augmentation du cholestérol ou des triglycérides dans le sang, une augmentation de poils particulièrement au niveau du visage peut être rarement observée. Cet effet est réversible à l’arrêt du traitement. Rarement, une augmentation du volume des gencives peut être observée. Il est important de maintenir une bonne hygiène buccale sous Ciclosporine avec notamment la réalisation de détartrages réguliers par votre dentiste. Le traitement ne fait pas prendre de poids.

Autres précautions prendre pendant le traitement par Ciclosporine

Vous devez effectuer les prises de sang comme indiqué par votre médecin.

Vous devez éviter l’utilisation de certains médicaments car il existe une incompatibilité possible entre certains médicaments et la Ciclosporine. Il est donc important de dire à votre médecin que vous prenez un traitement par Ciclosporine afin de vérifier l’absence d’incompatibilité pour toute nouvelle prescription médicamenteuse. La prise concomitante de jus de pamplemousses et ou de produits contenant du millepertuis est également contre indiquée en raison d’interactions avec la ciclosporine.

Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.
Chez la femme enceinte, la ciclosporine peut être utilisée en cas de psoriasis sévère résistant à la photothérapie UVB spectre étroit car elle n’induit pas de malformations foetales. Cependant elle peut augmenter certaines complications de la grossesse telles qu’une hypertension artérielle, prématurité...

La poursuite ou l’introduction d’un traitement par ciclosporine pendant la grossesse nécessite donc surveillance rapprochée et spécifique et le traitement doit donc être rediscuté au cas par cas. L’allaitement est contre indiqué.

Il n’y a pas de consignes spécifiques disponibles en cas d’oubli d’une prise. Certaines situations de la vie quotidienne peuvent nécessiter une adaptation du traitement : vaccinations, séjour à l'étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse. Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée avec votre médecin.

Un suivi régulier par votre médecin traitant et par votre Dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Date de première mise sur le marché en France: 1996

Mise à jour le 30 mars 2020

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Étanercept (Enbrel)

Qu’est-ce que le traitement par étanercept ?

L’étanercept (Enbrel®, Benepali®, Erelzi®) est une protéine produite par biotechnologie  appartenant à la famille des biothérapies. Il cible le TNF alpha, un médiateur de l’inflammation impliquée dans le psoriasis. L’étanercept est un récepteur soluble qui se lie au TNF alpha et l’empêche de se fixer sur les cellules cibles, bloquant le développement de l’inflammation cutanée.

Comment se déroule le traitement par étanercept ?

Avant le traitement par étanercept votre médecin effectuera un examen clinique complet : recherche d’anomalies neurologiques, cardiaques, de ganglions suspects, d’infection active etc…contre indiquant le traitement. Il recherchera aussi par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique et particulièrement de tuberculose, de maladie cardiovasculaire, de maladies neurologiques, de néoplasies ou de maladies auto-immunes. On vous proposera également une prise de sang comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille tuberculeux par une intradermoréaction à la tuberculine ou par un dosage Quantiféron®, une radiographie du thorax.

L’étanercept est administré sous une forme d’injection sous-cutanée soit par stylo ou par seringue. Le rythme des injections est de 1 à 2 injections sous-cutanées par semaine les trois premiers mois puis 1 injection par semaine en traitement d’entretien.
Les injections sont facilement réalisées par le patient en variant à chaque fois le site d’injection sous-cutanée (abdomen, cuisses, bras). Pour les enfants la dose est adaptée au poids et est de 0,8mg/kg sous la forme d’une injection sous cutanée une fois par semaine avec une dose maximale de 50 mg par semaine. Le traitement est disponible en pharmacie de ville à partir d’une ordonnance spécifique de Médicament d’Exception prescrite initialement par un médecin hospitalier.
Le renouvellement par le dermatologue de ville est possible pendant un an.
Il est prudent de passer commande et prévoir un délai de conditionnement pour la livraison à la pharmacie d’officine.

Pendant combien de temps ?

Le traitement peut être délivré soit pour une durée de 6 mois (et repris si nécessaire  de façon intermittente pour de nouveau 6 mois) ou administré en continu au long cours pendant plusieurs années. Si le traitement n’est pas efficace il sera arrêté après 3 à 4 mois de traitement.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par étanercept ?

L’étanercept est efficace dès les deux premières semaines mais cette efficacité peut être retardée et doit être évaluée entre le 3ème et le 4ème mois. Ce traitement est efficace à la fois sur l’atteinte cutanée mais aussi sur l’atteinte articulaire du psoriasis.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d'un traitement par étanercept (court terme/long terme) ?

Ce traitement est généralement bien toléré. L’effet secondaire le plus fréquent à court terme est une réaction au niveau de la zone d’injection (rougeur, gonflement, démangeaison). Ces réactions diminuent le plus souvent après le premier mois. Une vigilance particulière est nécessaire pour les infections. Ce traitement diminue vos défenses immunitaires. Il est nécessaire de consulter votre médecin pour toute infection ou symptôme anormal. Des infections banales peuvent devenir plus sévères sous ce traitement. Il faudra de même prévenir tout médecin que vous êtes traité par étanercept en cas de nécessité d’intervention chirurgicale. Ce traitement pourra alors être arrêté transitoirement.

De très rares cas d’éruptions cutanées ont été observés sous étanercept (eczéma, aggravation de psoriasis, lupus cutané) Dans ces cas il faut consulter votre médecin et des examens complémentaires doivent être réalisés.

De très rares cas d’atteinte du système nerveux ont été rapportés chez des patients traités par étanercept. Ils surviennent le plus souvent chez des patients atteints au préalable d’une maladie neurologique, comme la sclérose en plaques. En cas de faiblesse musculaire, de picotements dans les extrémités ou de troubles des sensations au froid ou au chaud, consultez votre médecin.

De très rares cas d'aggravation d'insuffisance cardiaque chronique ont été rapportés chez les patients traités par étanercept et présentant au préalable une maladie cardiaque. Dans ces cas, une échographie cardiaque doit être pratiquée; si une aggravation de l’insuffisance cardiaque est confirmée, le traitement par étanercept doit être arrêté.

À long terme les études n’ont pas mis en évidence de risque supérieur pour des patients traités pour un psoriasis de développer des cancers, notamment profonds en dehors peut être d’un sur risque modéré de carcinomes cutanés. Par contre le risque serait de méconnaître un cancer présent non diagnostiqué. Il est recommandé de suivre toutes les mesures de dépistage classiquement proposées et d’être régulièrement vu en consultation par votre médecin. Si un cancer est confirmé, la poursuite du traitement par étanercept sera discutée avec votre médecin.

Y a-t-il des précautions à prendre lors du traitement par étanercept ?

Ce traitement ne doit pas être prescrit si vous avez une infection évolutive en particulier une tuberculose, si vous avez été récemment  traité pour un cancer (moins de 5 ans), si vous ou un membre de votre famille souffre d’une sclérose en plaques, si vous avez une insuffisance cardiaque sévère.

Ce traitement justifie une surveillance régulière par votre médecin au minimum à 3 mois après avoir débuté le traitement puis tous les 6 mois. Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement, mais si il le juge nécessaire votre médecin peut demander régulièrement une simple numération des globules rouges et un suivi du bilan hépatique. En cas de symptômes anormaux (fièvre, ganglions, grande fatigue, éruptions cutanées, essoufflement), vous devrez suspendre les injections et consulter votre médecin.
Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.
Les femmes en âge de procréer doivent avoir une contraception fiable même si les études cliniques chez l’homme et l’animal n’ont montré aucune toxicité. La grossesse doit être évitée pendant toute la durée du traitement et encore pendant 3 semaines après l’arrêt du traitement par étanercept.
L’allaitement est également contre indiqué. Une prise de poids est possible sous traitement du fait du mécanisme d’action de la molécule anti TNF alpha. Le risque est plus marqué pour les patients ayant un poids initial normal avant traitement que pour ceux en surpoids. La prise de poids est dans la majorité des cas limitée et survient surtout au cours de la première année de traitement et le poids a tendance à se stabiliser ensuite . Des mesures de suivi diététique et un exercice physique régulier sont recommandés.

Le traitement ne doit pas être congelé. Il doit être conservé au réfrigérateur entre +2°C et +8°C. Il peut aussi être conservé à une température ambiante ne dépassant pas 25°C pour une durée maximum de 4 semaines non renouvelable après quoi le traitement doit être jeté si il n’a pas été utilisé. Pendant cette période il ne doit pas être remis au réfrigérateur.

Circonstances particulières

La poursuite d’un traitement par étanercept lors de la grossesse peut être discutée en fonction de la sévérité du psoriasis et en l’absence d’autre option thérapeutique disponible. Chez l’homme, il n’y a pas de données permettant de déconseiller la conception d’un enfant. La survenue d’une grossesse sous étanercept ne justifie en aucune façon une interruption thérapeutique de grossesse. Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement. Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés. Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement, sauf cas particulier. En cas de symptômes anormaux (fièvre, ganglions, grande fatigue, éruptions cutanées, essoufflement), vous devrez suspendre les injections et consulter votre médecin En cas d’oubli d’une dose, il suffit d’attendre la dose suivante.

Certaines situations de la vie quotidienne peuvent nécessiter une adaptation du traitement :

  • Séjour à l'étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse. Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée avec votre médecin.
  • Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par étanercept avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Date de mise sur le marché en France : 26/09/2006

Mise à jour le 30 mars 2020

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Infliximab (Remicade®)

Qu'est-ce que l’infliximab ?

L'infmiximab est un anticorps monoclonal, dirigé contre le TNFα : molécule, pro-inflammatoire, jouant un rôle central dans le psoriasis cutané et articulaire mais aussi dans la polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, les maladies inflammatoires chroniques intestinales. Ce médicament est indiqué chez l’adulte, en cas d’échec, intolérance ou contre-indication aux autres traitements systémiques: méthotrexate, photothérapie, soriatane et ciclosporine.

Comment se déroule le traitement par infliximab ?

Avant le traitement par infliximab, votre médecin effectuera un examen clinique complet à la recherche d’anomalies neurologiques, cardiaques, de ganglions suspects, d’infection active etc…contre indiquant le traitement. On vous proposera également une prise de sang comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille tuberculeux par une intradermoréaction à la tuberculine ou par un dosage Quantiféron®, une radiographie du thorax.

Ce traitement est administré uniquement en milieu hospitalier, en perfusion intraveineuse de deux heures, à répéter 2 semaines plus tard, puis 6 semaines plus tard, puis toutes les 8 semaines. En cas d’infection le traitement n’est pas administré.

Pendant combien de temps ?

Le traitement peut être utilisé en continu si son efficacité est maintenue et que sa tolérance est bonne. En général, l’efficacité est appréciée au plus tard entre le 3eme et le 4eme mois du traitement . Si le traitement n’a pas d’effet après 14 semaines ; celui ci pourra être arrêté.

Comment est pris en charge le traitement par infliximab ?

Une prise en charge à 100 % est possible pour certains patients atteints de psoriasis articulaire (maladie inscrite à la liste des affections de longue durée) et dans certaines situations, pour des patients atteints d’un psoriasis sévère. Selon la législation actuelle, la demande de prise en charge à 100 % doit être effectuée par votre médecin traitant.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par infliximab ?

Une amélioration très importante du psoriasis est obtenue dans environ 80 % des cas en 3 à 4 mois, avec un début d’efficacité dans un délai de 2 semaines dans la forme articulaire et de un mois pour le psoriasis cutané.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d'un traitement par infliximab ?

A court terme : pendant la perfusion ou moins de deux heures après, peuvent survenir un urticaire, des modifications de la tension artérielle, un essouflement chez 16 % des patients recevant l’infliximab : le débit de la perfusion sera ralenti avec une possibilité d’association de traitements par anti histaminiques et/ou de corticoïdes par voie intraveineuse.

Des réactions retardées, moins fréquentes, à type de maladie sérique : éruption fébrile, douleurs musculaires et articulaires, survenant 3 à 12 jours après la perfusion à traiter par corticothérapie systémique. Ce traitement peut également favoriser des infections banales : infections des voies respiratoires supérieures, bronchites, cystites, infections cutanées ou des infections plus graves : pneumonies, cellulites, arthrites septiques, septicémies. Très rarement des cas de tuberculose (réveil de tuberculose latente) ont été observés.

A long terme :

  • les études n’ont pas mis en évidence de risque supérieur pour des patients traités pour un psoriasis de développer des cancers, notamment profonds en dehors peut être d’un sur risque modéré de carcinomes cutanés. Par contre le risque serait de méconnaître un cancer présent non diagnostiqué. Il est recommandé de suivre toutes les mesures de dépistage classiquement proposées et d’être régulièrement vu en consultation par votre médecin. Si un cancer est confirmé, la poursuite du traitement sera discutée avec votre médecin.
  • de très rares cas d’atteinte du système nerveux (faiblesse musculaire, de picotements dans les extrémités ou de troubles des sensations au froid ou au chaud) ont été rapportés le plus souvent chez des patients atteints au préalable d’une maladie neurologique.
  • de rares cas d’aggravation d’insuffisance cardiaque ont été rapportés chez les patients présentant au préalable une maladie cardiaque. Une échographie cardiaque doit être pratiquée. En conclusion la survenue de toute maladie grave, ayant un impact sur la vie du patient, nécessite l’arrêt de l’infliximab, qui peut être temporaire.

Y a-t-il des précautions à prendre lors du traitement par infliximab ?

Ce traitement ne doit pas être prescrit si vous avez une infection évolutive en particulier une tuberculose, si vous avez été récemment  traité pour un cancer (moins de 5 ans), si vous ou un membre de votre famille souffre d’une sclérose en plaques, si vous avez une insuffisance cardiaque sévère.

Ce traitement justifie une surveillance régulière par votre médecin qui peut demander régulièrement des examens de laboratoire juste avant chaque perfusion pour vérifier l’absence de problèmes intercurrents En cas de symptôme anormal (fièvre, ganglions, grande fatigue, éruptions cutanées, essoufflement), il est préférable de consulter votre médecin. Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.

Les femmes en âge de procréer doivent avoir une contraception fiable même si les études cliniques chez l’homme et l’animal n’ont montré aucune toxicité. La grossesse doit être évitée pendant tout le traitement et encore pendant 6 mois après l’arrêt du traitement par infliximab.

La poursuite d’un traitement par infliximab lors de la grossesse peut cependant être discutée en fonction de la sévérité du psoriasis et en l’absence d’autres options thérapeutiques disponibles. Si le recours à l’infliximab est indispensable pendant la grossesse, il est recommandé de programmer une dernière administration au début du 3ème trimestre pour éviter un passage du médicament dans le sang du foetus.
Les femmes ne doivent pas allaiter sous traitement.

Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement. Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés. Une prise de poids est possible sous traitement du fait du mécanisme d’action de la molécule anti TNF alpha. Le risque est plus marqué pour les patients ayant un poids initial normal avant traitement que pour ceux en surpoids. La prise de poids est dans la majorité des cas limitée et survient surtout au cours de la première année de traitement et le poids a tendance à se stabiliser ensuite . Des mesures de suivi diététique et un exercice physique régulier sont recommandés.

Certaines situations de la vie quotidienne peuvent nécessiter une adaptation du traitement

  • Séjour à l'étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse. Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée avec votre médecin.
  • Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par infliximab avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement. En cas de questions concernant ce traitement ou en cas d'urgence, vous pouvez toujours joindre le dermatologue

Date de mise sur le marché en France : 13/08/1999

Mise à jour le 30 mars 2020

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Soriatane (Acitrétine)

Lettre d’information pour le traitement du psoriasis par acitrétine (Soriatane®)

Ce formulaire est destiné à vous informer concernant l’utilisation d’acitrétine (Soriatane®) pour le traitement du psoriasis.

Dates de mise sur la marche en France : 12/09/1988 (Roche) puis 15/10/2014 (Actavis)

Qu’est-ce que l’acitrétine ?

L’acitrétine (Soriatane®) est un médicament dérivé de la vitamine A. La vitamine A, composant naturel de l’organisme contenu dans la viande sous forme de rétinol ou dans les légumes sous forme de carotènes, intervient dans la croissance des os, dans la vision et stimule la production de mélanine (pigment responsable de la couleur de la peau). L’acitrétine intervient aussi dans la régulation de la croissance et de la différentiation des cellules de la peau. Ce médicament est utilisé dans le traitement de dermatoses inflammatoires comme le psoriasis ou le lichen plan.

Comment se déroule le traitement par acitrétine ?

La première prescription d’acitrétine doit être réalisée par un dermatologue. Le renouvellement peut être fait par le médecin traitant.

En général, avant le traitement par acitrétine, il est important d’effectuer une prise de sang comportant un bilan des lipides du sang ( cholestérol, triglycerides), un dosage de la glycémie, un bilan du foie et du rein.
Pour les femmes en âge d’avoir des enfants, le traitement par l’acitrétine ne peut être envisagé que sous certaines conditions de prescription et de délivrance. En effet, comme toutes les autres molécules de la famille des rétinoïdes, l’acitrétine est tératogène, c’est-à-dire qu’il est à l’origine de malformations du fœtus quand le médicament est donné à une femme enceinte ou dans la période de conception. Ainsi, cette prescription nécessite le recueil d’un accord de soins ainsi que la délivrance par votre dermatologue d’un carnet-patiente complété. Une contraception efficace est obligatoire au moins 1 mois avant le début du traitement (pilule, stérilet, implant…). Un test de grossesse doit être réalisé tous les mois et 3 jours avant la prescription initiale ou le renouvellement du traitement. Par précaution, la contraception est maintenue jusqu’à 3 ans après l’arrêt du traitement. Les tests de grossesse se poursuivront à rythme régulier pendant 3 ans après la fin du traitement.

Une fois que le bilan biologique est réalisé, votre médecin vous prescrira l’acitrétine à la dose de 10 à 25 mg tous les jours (sous forme de gélules) pour débuter. La dose d’acitrétine pourra être augmentée jusqu’à 50 mg par jour, selon votre tolérance, en 3 à 4 mois. Le traitement doit être pris au cours d’un repas ou avec du lait pour améliorer l’absorption du médicament. Il n’y a pas de recommandations particulières en cas d’oubli du traitement. En cas d’association de l’acitrétine à la photothérapie, la dose sera le plus souvent maintenue à 25 mg par jour.

Une prise de sang de contrôle du bilan des lipides dans le sang, du bilan du foie pourra être effectuée à 1 mois puis à un rythme adapté à chaque patient. Le suivi des tests sanguins de grossesse est détaillé plus haut.

Durée du traitement par acitrétine

Dans le psoriasis, la durée du traitement par acitrétine varie de plusieurs mois à plusieurs années en fonction de l’efficacité et de la tolérance.

Comment est pris en charge le traitement par acitrétine ?

L’acitrétine est un médicament de niveau 1, dont le remboursement par la sécurité sociale est de 65%.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par acitrétine ?

L’efficacité du traitement pas acitrétine dans le psoriasis en plaques (forme la plus courante) est modérée quand le traitement est utilisé seul. Le traitement par acitrétine dans le psoriasis en plaques peut s’envisager quand le psoriasis nécessite un traitement systémique. Une association acitrétine-photothérapie (en cabine dermatologique) permet d’obtenir une plus grande efficacité sur le psoriasis en plaques, l’effet maximum est obtenu en environ trois à quatre mois. L’acitrétine est utilisée avec une meilleure efficacité dans des formes de psoriasis moins courantes (psoriasis pustuleux généralisé ou localisé) et dans les cas de psoriasis chez l’enfant.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’un traitement par acitrétine ?

L’acitrétine est un traitement utilisé depuis plus de 30 ans, dont les effets secondaires sont connus et pour la plupart transitoires. L’effet secondaire le plus fréquent de l’acitrétine, comme pour tous les autres rétinoïdes, est la sécheresse de la peau et des muqueuses (yeux, bouche…). De même, certains patients rapportent une perte de cheveux au début du traitement. Des maux de tête, des douleurs abdominales et musculaires peuvent être notées également au début du traitement. Ces symptômes sont le plus souvent transitoires, s’ils persistent parlez-en à votre médecin. En cas de symptômes qui vous inquiètent pendant que vous prenez ce médicament, consultez votre médecin.

Y a-t-il des précautions à prendre lors du traitement par acitrétine ?

  • La principale précaution à prendre, chez les femmes en âge d’avoir les enfants, est l’obligation d’une contraception efficace. Compte tenu des risques de malformation du fœtus et de la contraception qui doit se poursuivre jusqu’à 3 ans après la fin de l’arrêt du traitement, une autre option thérapeutique doit être envisagée avec votre médecin si vous êtes une femme en âge d’avoir des enfants. En cas de grossesse sous acitrétine, vous devez immédiatement consulter votre médecin.
    L’allaitement est contre indiqué.
  • Compte tenu de risque de malformations des fœtus sous acitrétine, le don du sang n’est pas possible pendant toute la durée du traitement.
  • Attention à certaines interactions médicamenteuses, la prise d’acitrétine (plus généralement de rétinoïdes) est contre indiquée en association avec un traitement par antibiotiques de la famille des cyclines car risque d’hypertension intra-crânienne.
  • L’acitrétine peut augmenter votre susceptibilité aux coups de soleil, utilisez une protection solaire efficace en cas de besoin.
  • De façon exceptionnelle, l’acitrétine et plus généralement les rétinoïdes peuvent agir sur votre humeur. Si vous vous sentez triste, sans envie, avec des idées noires, informez votre médecin.
  • Une diminution de la vision nocturne est possible. En raison de la sécheresse cutanée et muqueuse fréquente sous acitrétine , il est recommandé d’appliquer fréquemment un baume hydratant sur les lèvres et d’éviter le port de lentilles de contact.
  • Par contre, le traitement n’entraine pas de prise de poids et il n’y a pas de risque accru de cancer avec l’acitrétine.

Autres précautions à prendre pendant le traitement par acitrétine :

  • Il est important d'informer votre médecin que vous êtes traité par acitrétine avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Mise à jour le 31 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Ustekinumab (Stelara®)

Qu’est-ce que l’ustekinumab ?

L’ustekinumab est un médicament biologique utilisé dans le traitement du psoriasis. Dans cette maladie inflammatoire chronique, des molécules appelées interleukines 12 (IL-12) et 23 (IL-23) jouent un rôle important dans l’inflammation cutanée à l’origine du psoriasis. L’ustekinumab est un anticorps entièrement humanisé bloquant sélectivement l’IL-12 et l’IL-23 et les empêchant ainsi d’exercer leur action inflammatoire. En France, l’ustekinumab est autorisé depuis 2009 comme traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère chez l’adulte. L’ustekinumab est réservé aux patients qui n’ont pas répondu aux traitements systémiques du psoriasis (comme la ciclosporine, le méthotrexate ou la photothérapie) ou qui ne peuvent pas (ou plus) recevoir ces traitements systémiques à cause d’une contre-indication ou d’une mauvaise tolérance. En 2017, l’utilisation de l’ustékinumab a été étendue au psoriasis en plaque chez l’adolescent à partir de 12 ans et, chez l’adulte, dans le rhumatisme psoriasique et la maladie de Crohn.

Comment se déroule le traitement par ustekinumab ?

Avant le traitement par ustekinumab, votre médecin recherchera par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique (et particulièrement de tuberculose), de facteurs de risque cardio-vasculaire (surpoids, diabète, hypertension artérielle…) et de maladie cardiovasculaire (angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral…), de maladies neurologiques et de cancers. Il effectuera un examen clinique complet pour vérifier qu’il n’y a pas d’anomalies significatives contre indiquant le traitement. Il vérifiera le statut de vos vaccinations et vous recommandera une vaccination contre le pneumocoque et la vaccination antigrippale annuelle. Il prescrira également une prise de sang comportant une numération des cellules du sang, un bilan hépatique et rénal, ainsi que des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH. Il recherchera un contact antérieur avec le bacille tuberculeux par une intradermoréaction à la tuberculine ou par un dosage sanguin (Quantiféron®). Il demandera également une radiographie du thorax et parfois d’autres examens complémentaires en fonction de vos antécédents.

Le traitement est administré à raison d’une injection sous cutanée (réalisée au niveau de l’abdomen ou de la cuisse) répétée au bout d’un mois, puis toutes les 12 semaines. Une diminution de l’intervalle entre deux doses peut parfois être décidée par votre médecin, au cas par cas et si nécessaire.

La dose administrée est fonction de votre poids : 45 mg/dose pour les patients pesant moins de 100 kg et 90 mg/dose pour les patients pesant plus de 100 kg.

Il est important de ne pas rompre la chaîne du froid, la seringue est livrée dans une sacoche isotherme. Le traitement doit être conservé au réfrigérateur ( entre +2°C et +8°C) et ne doit pas être congelé.

Comment est prescrit et pris en charge le traitement par ustekinumab ?

L’ustekinumab est disponible en pharmacie de ville à partir d’une ordonnance spécifique de Médicament d’Exception qui doit être établie par un dermatologue hospitalier pour la première prescription. Le dermatologue de ville peut renouveler le traitement pendant un an.

Il est prudent de passer commande et prévoir un délai de conditionnement pour la livraison à la pharmacie d’officine. Une prise en charge à 100 % au titre d’Affection de Longue Durée est possible dans certaines situations, pour des patients atteints d’un psoriasis sévère. Cette demande est faite auprès de la CPAM par votre médecin traitant.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par ustekinumab ?

L’efficacité du traitement par ustekinumab est variable suivant les patients. En général, une amélioration importante du psoriasis est observée chez environ 70 % des patients après 12 semaines de traitement. Ce résultat se maintient sous traitement le plus souvent.

Durée du traitement par ustekinumab

Dans le psoriasis, l’efficacité de l’ustekinumab sera appréciée par le médecin au plus tard au 6ème mois. Si l’ustekinumab n’a pas d’effet après 6 mois, le médecin pourra être amené après discussion avec vous à changer de traitement. En cas de bonne réponse au traitement, il est préférable de poursuivre le traitement de façon continue.

Le traitement par ustekinumab peut-il présenter des effets indésirables ?

Comme tous les médicaments, l’ustekinumab est susceptible d’avoir des effets indésirables.

  • l’effet indésirable le plus fréquent est une réaction cutanée légère au niveau de la zone de l’injection. Généralement, ces réactions sont moins fréquentes après le premier mois de traitement. Leur durée moyenne est approximativement de trois à cinq jours. Ce type de réaction cutanée n’empêche généralement pas la poursuite du traitement. Pour limiter la survenue de ces réactions, il est important de laisser réchauffer à température ambiante le produit en le sortant du réfrigérateur environ 30 minutes avant son injection et de l’injecter très lentement ; les sujets sensibles au latex peuvent développer des réactions puisque le capuchon de la seringue contient du latex.
  • ce traitement peut également favoriser les infections, le plus souvent peu graves (infections ORL, bronchites). Les infections graves et les cas de tuberculose (réactivation de tuberculose latente) sont très rares sous ustékinumab. Si une infection grave est diagnostiquée, le traitement par ustekinumab doit être arrêté ; en cas de fièvre persistante, il est important de consulter rapidement votre médecin.
  • les études actuellement disponibles n’ont pas montré d’augmentation du risque de cancers (de la peau et des autres organes) chez les patients traités par ustékinumab, par rapport à la population générale. Aucune étude n’a été menée chez des patients avec des antécédents de cancers ou ayant continué le traitement par ustékinumab alors qu’ils avaient développé une tumeur maligne sous ustékinumab. Des précautions doivent donc être prises lorsqu’un traitement par ustékinumab est envisagé chez ces patients.
    Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement. Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés
  • Il n’y a pas de prise de poids constatée sous traitement.
  • Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.
  • • Il n’y a pas de données suffisantes concernant l’utilisation de l’ustékinumab chez les femmes enceintes. Il est recommandé une contraception efficace chez les femmes en âge de procréer pendant le traitement et au moins pendant les 15 semaines qui suivent son arrêt.
  • L’allaitement est contre indiqué pendant le traitement.

Autres précautions à prendre pendant le traitement par ustekinumab

  • Certaines situations de la vie quotidienne nécessitent une adaptation du traitement : certains vaccins, séjour à l’étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse. Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée au cas par cas avec votre médecin.
  • Il est également important d’informer votre médecin que vous êtes traité par ustekinumab avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement. Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement sauf cas particulier. Votre médecin peut toutefois vous proposer un bilan sanguin de contrôle à un rythme adapté à vos antécédents

Date mise sur le marché en France : 07/2009

Mise à jour le 30 mars 2020

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php