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Certolizumab Pegol ( Cimzia®)

Ce document est destiné à vous informer sur l’utilisation du certolizumab pegol (Cimzia®) prescrit dans le traitement du psoriasis.
Date mise sur le marché en France : octobre 2009 pour la polyarthrite rhumatoïde, avril 2018 pour le psoriasis cutané.

Qu’est- ce que le certolizumab pegol ?

Le certolizumab pegol est un médicament biologique appartenant à la famille des anti-TNFα commercialisé sous le nom de Cimzia®. Il est utilisé pour traiter diverses maladies inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique et le psoriasis cutané. Dans ces maladies chroniques, le TNFα,produit par des cellules immunitaires, joue un rôle central en favorisant l’inflammation.

Indications

Le certolizumab pegol est indiqué dans le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère chez les patients adultes qui nécessitent un traitement systémique. Le certolizumab pegol est également indiqué dans le traitement du rhumatisme psoriasique de l’adulte.

Comment se déroule le traitement par certolizumab pegol ?

Avant le traitement par certolizumab pegol, votre médecin effectuera un examen clinique complet à la recherche d’anomalies neurologiques, cardiaques, de ganglions suspects ou d’infection active qui pourraient contre indiquer le traitement. Il recherchera aussi par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique et particulièrement de tuberculose, de maladie cardiovasculaire, de maladies neurologiques, de cancers ou de maladies auto-immunes. Il vous proposera aussi une prise de sang complète comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille de la tuberculose. Une radiographie du thorax sera réalisée.

Une fois ce bilan et en l’absence de contre-indication, le certolizumab  pegol s’administre par injections sous-cutanées.
Il existe deux présentations : seringue pré-remplie stylo pré-rempli AutoClicks®, contenant chacun 200 mg de certolizumab pegol dans 1 ml de solution pour injection sous cutanée. La seringue et le stylo doivent être conservés entre 2°et 8° au réfrigérateur dans l'emballage extérieur à l'abri de la lumière et ne doivent pas être congelés.

La posologie est identique pour le traitement du psoriasis cutané et du rhumatisme psoriasique avec une phase d’induction puis un traitement d’entretien.

La phase d’induction comporte 3 injections de 400 mg chacune (soit 2 injections sous-cutanées simultanées de 200 mg) aux semaines 0, 2  et 4.

La dose d'entretien est ensuite de 200 mg toutes les 2 semaines.

Comment est prescrit et pris en charge le traitement ?

Le certolizumab pegol est disponible en pharmacie de ville. C’est un médicament d’exception dont la prescription initiale et le renouvellement sont réservés aux spécialistes en dermatologie, rhumatologie ou en médecine interne. Après une prescription initiale hospitalière, le renouvellement peut être assuré par le spécialiste en ville pendant 12 mois puis tous les 12 mois par un médecin spécialiste hospitalier.Il est préférable de commander le traitement et de prévoir un délai pour la livraison du produit à la pharmacie.

Ce traitement est remboursé à hauteur de 65% par la sécurité sociale, la partie restante étant couverte par les mutuelles.
Une prise en charge à 100 % est possible pour certains patients atteints de rhumatisme psoriasique (maladie inscrite à la liste des Affections de Longue Durée) et dans certaines situations, pour des patients atteints d’un psoriasis cutané sévère.

 Quels sont les bénéfices attendus du traitement par certolizumab pegol ? 

La réponse au traitement par certolizumab pegol est variable selon les patients. Dans les études cliniques, une amélioration
significative du psoriasis est observée chez environ 75 % des patients après 16 semaines de traitement. Les effets bénéfiques s’observent en général dès la 4ème semaine de traitement.

La réponse positive au traitement se maintient à 48 semaines pour près des 75% des patients.

Lorsque le traitement est interrompu, 45% des patients restent améliorés après 32 semaines sans traitement.

Evaluation de la réponse et durée du traitement par certolizumab pegol ?

Dans le psoriasis, l’efficacité du traitement est évaluée à la 16ème semaine. Une augmentation de posologie à 400mg toutes les 2 semaines peut être envisagée chez les patients ayant une réponse insuffisante.
En cas de réponse favorable au traitement, il est préférable de poursuivre le traitement de façon continue. En cas de réponse défavorable à la 16ème semaine, l’arrêt du traitement  doit être envisagé et un autre traitement pourra être proposé.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’un traitement par certolizumab pegol ?

Le traitement par certolizumab pegol est globalement bien toléré mais comme tous les médicaments, il est susceptible d’entrainer des effets indésirables. Tout effet inhabituel doit être signalé à votre médecin.

Les évènements indésirables imputables au certolizumab pegol sont principalement des infections non sévères de type rhinopharyngite et infections des voies aériennes supérieures. Les infections graves sont rares : pneumonies, cellulite,arthrites septiques, septicémies. Très rarement des cas de tuberculose (réveil de tuberculose latente non dépistée avant le traitement) ont été observés chez les patients traités.

Des réactions au site d’injection sont observées chez 5,8 % des patients, tels que des rougeurs, gonflements,démangeaisons (prurit), localisés n’empêchant en général pas la poursuite du traitement.

L'impact du traitement à long terme par certolizumab pegol sur le développement de maladies auto-immunes n'est pas connu.
A long terme les études portant sur les molécules de la classe des s anti-TNFα n’ont pas mis en évidence de risque supérieur
de développer des cancers ou des maladies hématologiques malignes pour des patients traités pour un psoriasis, en dehors
peut être d’un sur-risque modéré de carcinomes cutanés. Il est ainsi recommandé de suivre toutes les mesures de dépistage
classiquement proposées et d’être régulièrement vu en consultation par votre médecin.

Y’a-t-il des précautions à prendre avec le traitement par certolizumab pegol ?

Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement, En cas de symptômes anormaux (fièvre, ganglions, grande fatigue, éruptions cutanées, essoufflement), vous devrez suspendre les injections et consulter votre médecin.

Les vaccins vivants comme le vaccin contre la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination
par un vaccin vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement.

En revanche les vaccins non vivants peuvent être administrés. La vaccination antigrippale annuelle contre la grippe saisonnière et la vaccination contre le pneumocoque sont vivement recommandées.

Le traitement par certolizumab pegol a-t-il un impact sur la fertilité, la grossesse  ou l’allaitement ?

Pour les femmes ayant un projet de grossesse, le traitement par certolizumab pegol peut être poursuivi jusqu’à la découverte de la grossesse. Le traitement peut également être poursuivi chez un homme qui souhaite concevoir un enfant.
Le transfert placentaire du certolizumab pegol est faible ou négligeable.Les données issues de plus de 500 grossesses au cours desquelles il existait une exposition maternelle au certolizumab pegol ont pu être analysées et sont rassurantes. Le certolizumab pegol pourra être utilisé pendant la grossesse en cas de nécessité et apparaît ainsi comme un des traitements biologiques de première ligne en cas de grossesse.
Malgré tout, les enfants de mère traitée par certolizumab pegol doivent être considérés comme immunodéprimés pendant
les 5 mois qui suivent la dernière injection maternelle. Il est ainsi préconisé d’attendre au moins 5 mois après la dernière
administration de certolizumab pegol chez la mère pendant la grossesse avant l'administration de vaccins vivants ou vivants atténués dont le BCG chez le nourrisson. Pour les vaccins inactivés, les vaccins doivent être réalisés normalement.
Au cours de l’allaitement, les concentrations de certolizumab pegol dans le lait maternel sont très faibles voire indétectables. Par ailleurs, le certolizumab pegol est une protéine qui se dégrade dans le tube digestif après administration orale. Le certolizumab pegol est indétectable dans le plasma d’enfants allaités de mères traitées. Le certolizumab pegol peut donc être administré pendant l’allaitement.

Certaines situations de la vie quotidienne peuvent nécessiter une adaptation ou une interruption du traitement :

Séjour à l'étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale : dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée avec votre médecin.
Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par certolizumab pegol avant de prendre un autre médicament.
Le certolizumab pegol peut être à l’origine d’interférences avec certains tests de la coagulation et occasionner des valeurs
du TCA (un paramètre de la coagulation) faussement élevées.
Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GrPso ( Groupe de Recherche sur le Psoriasis), avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant: https://grpso.org/

 

Aprémilast (Otezla®)

Qu’est-ce que l’aprémilast ?

L'aprémilast (Otezla®) est le premier inhibiteur de la phosphodi-estérase 4 (PDE4) indiqué chez l'adulte dans le traitement en seconde intention du psoriasis en plaques chronique modéré à sévère chez les patients adultes en cas d'échec, ou de contre-indication, ou d'intolérance aux autres traitements systémiques dont la ciclosporine, le méthotrexate ou la photothérapie UVA + psoralène (PUVA thérapie) ainsi que du rhumatisme psoriasique actif en association à un traitement de fond antirhumatismal lorsqu'une biothérapie n'est pas envisagée.

Il s’agit d’un médicament dit de la famille des « petites molécules» pris par voie orale et ayant une action au niveau intracellulaire avec modulation de l’inflammation cutanée et articulaire.

Comment se déroule le traitement ?

Compte tenu du caractère immunomodulateur de la molécule, d’après les recommandations du groupe Psoriasis de la SFD, un bilan initial comportant les principales sérologies virales (VIH, VHB, VHC) peut être discuté selon le contexte de prescription ainsi qu’un dosage de la créatininémie en raison de l’adaptation posologique en cas d’insuffisance rénale sévère.

Otezla® est commercialisé sous la forme de comprimés pelliculés à 10, 20 et 30 mg. Une plaquette d’initiation de traitement comporte des dosages à 10 et 20 mg (rassemblés dans une même présentation) pour initier le traitement à des doses progressives. On débute à 10 mg le soir le premier jour puis on augmente de 10 mg par jour pour arriver à partir du jour 6 à la dose de 30 mg matin et soir à maintenir au long cours si la tolérance est bonne.

Le traitement peut être pris en cours ou en dehors du repas.

Il peut être pris en association avec du méthotrexate ou d’autres molécules utilisées pour traiter le rhumatisme psoriasique, hors de la classe des biothérapies.

Il n’y a pas de suivi biologique nécessaire, en l’absence d’évènements cliniques

Comment est pris en charge ce traitement ?

Le produit est remboursable à 30 %, agréé aux collectivités. Sa prescription sur ordonnance normale est réservée aux spécialistes en dermatologie, en médecine interne ou en rhumatologie et délivrable en pharmacie de ville.

Pendant combien de temps ?

Le psoriasis étant une maladie chronique, et le traitement purement suspensif, la durée de prescription peut varier de plusieurs mois à plusieurs années, et ce tant que le médicament est bien supporté et efficace.

Quels sont les bénéfices attendus de l’aprémilast ?

Les résultats montrent une supériorité de l'aprémilast avec 33% de répondeurs par rapport au placebo au 4éme mois de traitement.

On peut retenir des études à 4 mois de traitement, 70% d’amélioration des démangeaisons, presque 50% d’amélioration des lésions de psoriasis du cuir chevelu et une amélioration notable sur les ongles avec 33 à 44 % d’amélioration à 50% ainsi que 63 à 70% d’efficacité sur les lésions de psoriasis palmo-plantaire.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?

Ils sont essentiellement gastro-intestinaux à type de diarrhées (15,7 %) et nausées (13,9 %). Il existe aussi des maux de tête (5%) d’intensité modérée prédominant les quatre premières semaines de traitement. Plus rarement, on note une perte de l’appétit, une perte de poids (13% supérieur à 5% du poids initial), des troubles de l’humeur (5%) et des infections respiratoires. Leur intensité a en majorité été jugée comme étant légère à modérée.

Les données des études de suivi de traitement à 3 ans ne notent aucun nouveau signal lié à la tolérance et aucune augmentation de la gravité ni de la fréquence des évènements indésirables. Par contre depuis novembre 2016, des précautions particulières ont été demandées par le laboratoire Celgène en ce qui concerne les troubles de l’humeur (dépression, idées suicidaires) plus fréquents, bien que rares, et observés au cours du suivi des patients recevant de l’aprémilast. Il convient donc de demander aux patients et aux soignants d'informer le prescripteur de tout changement de comportement ou d’humeur ou de tout signe d'idée suicidaire sous ce traitement.

La sécurité d’emploi de l’aprémilast en cas d’antécédent de cancer n’a pas été établie et aucune donnée n’est disponible. Il n’y a cependant pas de risque accru de cancer qui ait été signalé sous traitement par aprémilast.

La sécurité et l’efficacité de l’aprémilast chez les enfants âgés de 0 à 18 ans n’ont pas été établies non plus et aucune donnée n’est disponible.

Y a-t-il des précautions à prendre ?

Les contre-indications formelles sont : une hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients, la grossesse et l’allaitement, l’administration de vaccins vivants, une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose.

Il existe certaines mises en garde spéciales et précautions d’emploi. La dose d’Otezla® doit être diminuée à 30 mg une fois par jour chez les patients atteints d’insuffisance rénale sévère (clairance de la créatininémie <30ml/mn). Si un patient a oublié de prendre une dose, celle ci doit être prise le plus rapidement possible. S’il est presque l’heure de la prochaine dose, la dose oubliée ne doit pas être prise et la prochaine dose prise au moment habituel.

La plupart des vaccins sauf ceux à virus vivant comme celui de la fièvre jaune sont réalisables et recommandés pendant le traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement par Otezla®.
Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.

Il est contre indiqué pendant la grossesse et l’allaitement. Une contraception sera prescrite ou maintenue chez la femme avant le début traitement et à poursuivre durant sa prescription chez la femme en âge de procréer.

En cas de survenue d’une grossesse sous traitement il faudra immédiatement stopper le traitement et consulter votre médecin.

Des contrôles réguliers du poids chez les patients présentant un faible poids lors de l’initiation du traitement sont recommandés. En cas de perte de poids inexpliquée et cliniquement significative, le patient doit être examiné par un praticien et l’arrêt du traitement doit être envisagé.

Il existe des interactions pharmacocinétiques avec des inducteurs puissants de l’isoenzyme CY3A4 du cytochrome p450 (millepertuis, rifampicine, carbamazépine, phénitoïne…) qui vont diminuer l’efficacité de l’aprémilast.

Autres précautions à prendre pendant le traitement par aprémilast

  • En cas de désir de grossesse, le traitement doit être interrompu et la conduite à tenir pour traiter le psoriasis devra être discutée avec votre médecin.
  • Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par aprémilast avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Date de mise sur le marché en France : 03/10/2016

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Biosimilaires

Qu'est-ce que les biosimilaires ?

Au bout d’un certain temps de commercialisation, les biothérapies (molécules princeps) connaissent une expiration de leur brevet et il devient alors possible de les copier et de commercialiser leur biosimilaire. Le biosimilaire d’une molécule princeps, pour être reconnu comme tel à l’issue d’un processus complexe faisant appel à de nombreux tests et contrôles in vitro puis in vivo, doit démontrer un haut niveau d’homologie à la fois en terme de structure, de mécanismes d’interactions entre la substance active et l’organisme dans lequel elle évolue ( propriétés pharmacologiques), d’efficacité, de tolérance et de sécurité d’emploi avec la molécule princeps. Biosimilaire et molécule princeps sont alors considérés comme identiques et équivalents, et le biosimilaire peut revendiquer toutes les indications thérapeutiques de la molécule princeps. Le développement d’un biosimilaire se fait à partir d’études portant sur un nombre plus faible de patients et est donc moins coûteux, avec un prix de mise sur le marché plus faible que celui de la molécule princeps.

Dans le domaine de l’hématologie, des biosimilaires sont commercialisés depuis de nombreuses années en France : biosimilaires de l’érythropoïétine, par exemple.

Pour les patients atteints de psoriasis, depuis 2016, il existe en France, des biosimilaires des anti TNF alpha notamment du Remicade® et de l’Enbrel® et il  existe également, depuis 2018, des biosimilaires de l’Humira®.

Les biosimilaires du Remicade® présents dans les centres hospitaliers français sont composés du même principe actif que le Remicade® (l’infliximab) et sont commercialisés sous la forme de plusieurs spécialités (Inflectra®, Remsina®, Flixabi®), tout en sachant qu’un hôpital n’a généralement à disposition qu’un seul de ces médicaments, en plus du Remicade®.

Le premier biosimilaire de l’Enbrel®, le Benepali® contient le même principe actif, l’étanercept, et est délivré en France par n’importe quelle pharmacie de ville depuis le dernier trimestre 2016. Un second biosimilaire de l’étancercept, l’Erezli ® est maintenant également disponible.

Plusieurs biosimilaires de l'Humira® sont commercialisés en France depuis 2018 (Imraldi®, Amgevita®) et plusieurs autres le seront probablement prochainement (Halimatoz®, Hymiroz®,  Cyltezo®, Solymbic®)

Comment se déroule le traitement par biosimilaires ?

Comme pour leurs homologues, ces traitements sont initiés par un dermatologue, un interniste ou un rhumatologue hospitalier, avec renouvellement annuel hospitalier.

Une fois initié, le traitement par biosimilaires se déroule exactement selon les mêmes modalités que le Remicade® ou l’Enbrel®, en termes notamment d’indications, de posologie, de voie d’administration ou encore d’objectifs à atteindre (se rapporter aux fiches correspondantes).

Il faut noter quelques particularités :

  • Certains biosimilaires de l’Humira® ne sont disponibles qu’à la dose unitaire de 40 mg en stylo ou seringue pré remplies. Il n’est donc pas possible d’injecter des doses inférieures à 40 mg, comme par exemple celles nécessaires pour les enfants.
  • Le passage, en cours de traitement déjà instauré par Remicade®, Enbrel® ou Humira® , de celui-ci à un de ses biosimilaires ne peut être fait qu’après en avoir informé le patient et avoir recueilli son absence d’opposition par oral pour ce changement.

Pendant combien de temps ?

La durée de traitement et les raisons d’arrêt des biosimilaires sont les mêmes que celles du Remicade® et de l’Enbrel® et de l’Humira® (se rapporter aux fiches correspondantes)

Comment est pris en charge le traitement par biosimilaires ?

La prise en charge est en tout point comparable à celle du Remicade® et de l’Enbrel® et de l’Humira® . Le remboursement par la sécurité sociale est à hauteur de 65% (ou de 100%, si psoriasis reconnu en affection de longue durée 30 hors liste) et complément par les mutuelles. Il est à noter que les biosimilaires sont moins coûteux (10 à 30% moins chers, environ).

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par biosimilaires ?

Les résultats attendus en termes d’efficacité sur le contrôle du psoriasis et du rhumatisme psoriasiques sont les mêmes que ceux observés sous Remicade®, sous l’Enbrel® et sous Humira®  dans les mêmes délais (se rapporter aux fiches correspondantes pour plus de détails).

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’un traitement par biosimilaires ?

Les effets secondaires attendus sous biosimilaires sont les mêmes que ceux attendus sous Remicade®, sous Enbrel® et sous Humira®  (se rapporter aux fiches correspondantes). En particulier, le risque d’immunisation au cours d’un traitement par biosimilaires du Remicade® est le même que sous Remicade®. Les réactions au site d’injection pourraient être moins fréquentes sous Benepali® que sous Enbrel®.

Y a-t-il des précautions à prendre lors du traitement par biosimilaires ?

Les précautions à prendre (vaccination, contraception, prévention des infections…etc.) sont les mêmes que celles à prendre sous Remicade® ou sous Enbrel® ou sous  Humira® (se rapporter aux fiches correspondantes pour plus d’informations).

 

Dates de mise sur le marché en France : Remsima® (01/2016), Inflectra® (01/2016), Flixabi ® (06/2016), Benepali® (06/2016), Erelzi® (2017), Imraldi® (2018), Amgevita® (2018)

Mise à jour le 24 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

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PUVAthérapie

La PUVAthérapie est un traitement consistant en l’irradiation du corps par des rayons ultraviolets A (UVA) après la prise d’un médicament photosensibilisant (le méthoxsalène ou Méladinine®, de la famille des psoralènes). Elle est utilisée depuis plus de 40 ans avec succès dans le traitement de nombreuses dermatoses (notamment le psoriasis).

La PUVAthérapie est prise en charge par la Sécurité Sociale après acceptation de la demande d’entente préalable établie par le dermatologue et adressée immédiatement par l’assuré au médecin-conseil de sa caisse d’assurance maladie.

Contraintes de la PUVAthérapie

  • Un bilan cutané est indispensable avant de débuter la PUVAthérapie. Un examen ophtalmologique et un bilan sanguin pourront être demandés en fonction de votre état de santé.
  • Le rythme des séances est habituellement de 3 séances par semaine espacées de 48 heures, pour une série totale d’environ 20 à 30 séances, délivrant des doses d’UVA progressivement croissantes. Le rythme prescrit doit être respecté pour optimiser l’effet du traitement.
  • Il est impératif pendant toute la cure de PUVAthérapie :
    • de respecter un délai de 2 heures entre la prise des comprimés prescrits (Méladinine®) et les séances d’irradiation ;
    • d’être à l’heure aux rendez-vous ;
    • pendant les 12 heures suivant la prise du médicament, de porter des lunettes de soleil (filtrant les UVB et les UVA), de ne pas s’exposer au soleil naturel ni aux rayons ultra-violets artificiels (lampes de bronzage à visée esthétique) ;
    • pendant les séances, de porter des lunettes coques opaques de protection (pour prévenir la formation de lésions de cataractes) et de protéger la région génitale par un vêtement approprié (slip, string, pour éviter la formation chez l’homme notamment de carcinomes épidermoïdes de la peau des organes génitaux externes) ;
    • par contre les jours sans séance de PUVAthérapie, il n’y a pas de précaution spécifique à prendre vis-à-vis de l’exposition solaire naturelle
    • de signaler au médecin la prise de tout nouveau médicament et la survenue de toute manifestation cutanée ou générale.

Risques à court terme

  • Intolérance digestive (nausées) aux comprimés prescrits.
  • Erythème (brûlure cutanée à type de coup de soleil) : rarement dû à un surdosage accidentel, il est le plus souvent lié à des paramètres individuels ou à la prise concomitante d’un médicament ou de l’ingestion ou application de végétaux photosensibilisants (non déclarés au médecin).
  • Sécheresse cutanée, nécessitant l’application d’une crème hydratante le soir.
  • Démangeaisons.
  • Douleurs cutanées (effet indésirable très rare).
  • Augmentation modérée de la pilosité, disparaissant à l’arrêt du traitement.
  • Induction d’une dermatose photo-déclenchée : lucite (allergie solaire), poussée d’herpès récurrent (bouton de fièvre).
  • La PUVAthérapie est contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante du fait de la prise de méladinine. Cependant une contraception n’est pas nécessaire avant la mise en route du traitement. En cas de survenue d’une grossesse, l’arrêt de la PUVAthérapie est nécessaire.

Risques à long terme

  • Cataracte. Il est prévenu par de strictes mesures de protection oculaire : port de lunettes de soleil le jour des séances, port de lunettes-coques opaques pendant les séances.
  • Risque de cancers cutanés. Comme pour les expositions solaires, ce risque est cumulatif et augmente en fonction du nombre total de séances après plusieurs cures de PUVAthérapie.
    • La PUVAthérapie est contre-indiquée en cas d’antécédents personnels de cancer cutané, d’expositions antérieures aux rayons X, de la présence de lésions pré-cancéreuses cutanées.
    • Le risque de développer un cancer cutané augmente quand la dose cumulée totale est supérieure à 1500 - 2000 J/cm² d’UVA ou quand le nombre de séances est supérieur à 250 séances (total UVA + UVB) reçues au cours de toute une vie. Il est recommandé que le patient par lui-même tienne la comptabilité des séances
    • La survenue d’un cancer, notamment profond, sous photothérapie ne contre indique pas la poursuite de la photothérapie UVB si votre médecin le juge nécessaire pour traiter votre psoriasis.
    • La communication au médecin de toute photothérapie antérieure ou de l’usage des lampes de bronzage à visée esthétique est indispensable.

Ces risques peuvent être réduits au minimum

  • par une sélection stricte des patients pouvant bénéficier d’une PUVAthérapie,
  • par le respect impératif des conseils de photoprotection.

Autres précautions à prendre pendant le traitement par PUVAthérapie

  • Il est également important d'informer votre médecin que vous êtes traité par PUVAthérapie avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.
  • Il n’y a pas de risque de prise de poids lié au traitement.
  • En cas d’oubli ou de non-respect d’une séance, le rythme sera inchangé et la prochaine séance sera faite à sa date théorique.
  • En cas d’interruption trop prolongée des séances, votre médecin décidera ou non d’une adaptation des doses.

Mise à jour le 31 mars 2020

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

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Ixekizumab (Taltz®)

Lettre d’information patient pour le traitement du psoriasis par Ixekizumab (Taltz®)

Ce formulaire est destiné à vous informer concernant l'utilisation de l’Ixékizumab (Taltz®) pour le traitement du psoriasis.

Date mise sur le marché en France : 28/11/2016

Qu’est ce que le traitement par Ixékizumab ?

L’Ixekizumab (Taltz®) est un anticorps de type IgG4 humanisé spécifiquement ciblant l’interleukine (IL)-17. L’IL-17 est une cytokine produite naturellement, impliquée dans les réponses inflammatoires du psoriasis. En France, l’Ixékizumab est autorisé depuis 2016 comme traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère chez l’adulte qui nécessite un traitement systémique. Les formes sévères considérées correspondent à celles qui sont étendues avec ou sans retentissement psychosocial important et celles pour lesquelles deux traitements, parmi les traitements systémiques non biologiques (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine) et la photothérapie, ont été des échecs (réponse insuffisante, contre-indication ou intolérance).

Comment se déroule le traitement par Ixékizumab ?

Avant le traitement, votre médecin recherchera par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique et particulièrement de tuberculose, de néoplasies. Il recherchera aussi des antécédents connus personnels ou familiaux connus de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin telles que la maladie de Crohn. Il effectuera aussi un examen clinique complet à la recherche d’anomalies contre indiquant le traitement. On vous proposera également une prise de sang comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille de la tuberculose par une intradermoréaction à la tuberculine ou par un dosage Quantiféron® et une radiographie du thorax. Le traitement est administré à raison d’une dose de 160mg en injection sous-cutanée (deux injections de 80mg) à la semaine 0, suivie d’une injection de 80mg aux semaines 2,4,6, 8, 10 et 12 puis d’une dose d’entretien de 80mg toutes les 4 semaines. Le traitement est disponible en pharmacie de ville à partir d’une ordonnance spécifique de Médicament d’Exception prescrite initialement par un médecin hospitalier. Le dermatologue de ville peut renouveler le traitement pour une durée de 1 an. Il est prudent de passer commande et prévoir un délai de conditionnement pour la livraison à la pharmacie d’officine. Le traitement est à conserver au réfrigérateur (entre + 2 et +8°C). Il ne doit pas être congelé. En cas de nécessité, il peut être conservé en dehors réfrigérateur jusqu’à 5 jours à température ambiante sans dépasser 30°C.

Comment est pris en charge le traitement par Ixékizumab ?

Le traitement par Ixékizumab est pris en charge à 65% par la sécurité sociale et 100% en cas d’ALD (Affection de Longue Durée).

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par Ixekizumab

L’efficacité du traitement par Ixékizumab est variable suivant les patients. En général, une amélioration importante du psoriasis est observée chez environ 85 % des patients après 3 mois de traitement. Environ 60% des patients peuvent obtenir un blanchiment complet de leur psoriasis. Ce résultat se maintient sous traitement le plus souvent.

Durée du traitement

En cas de bonne réponse, il est préférable de poursuivre le traitement de façon continue. En l'absence de réponse au bout de 4 mois, un arrêt du traitement doit être envisagé.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’un traitement par Ixékizumab ?

  • Comme tous les médicaments, l’Ixékizumab est susceptible d’avoir des effets indésirables. Tout effet inhabituel doit être signalé à votre médecin. Ces effets indésirables sont assez rares mais il est important que vous les connaissiez et les signaliez à votre médecin :
  • L’effet indésirable le plus fréquent est une réaction cutanée légère au niveau de la zone de l’injection. Généralement, ces réactions apparaissent au cours du premier mois de traitement. Leur durée moyenne est approximativement de trois à cinq jours. Ce type de réaction cutanée n’empêche généralement pas la poursuite du traitement. Pour limiter la survenue de ces réactions, il est important de laisser réchauffer à température ambiante le produit en le sortant du réfrigérateur environ 15 minutes avant son injection.
  • Ce traitement peut également favoriser les infections. Au cours des études cliniques, la majorité des infections était non grave et d’intensité légère à modérée. La plupart n’ont pas nécessité d’arrêt du traitement. La plupart des épisodes infectieux rapportés était des infections des voies aériennes supérieures incluant les rhinopharyngites. Des candidoses muco-cutanées régressant sous traitement antifongique ont aussi été rapportées de façon plus fréquente qu’avec le placebo. Ces infections ont été prises en charge par un traitement local et n’ont pas nécessité l’arrêt du traitement. Les infections graves sont rares (moins de 2% des patients): pneumonies, cellulite. Si une infection grave est confirmée, le traitement par Ixékizumab doit être arrêté. Ainsi, en cas d’apparition de signes ou de symptômes tels que fièvre persistante, douleurs pharyngées, ecchymoses, saignement, pâleur, il est important de consulter immédiatement votre médecin.
  • Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement. Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés.
  • Aucun examen de laboratoire n’est nécessaire en complément de la surveillance médicale au cours du traitement sauf cas particulier. Cependant dans les études, 9% des patients ont développé sur le plan biologique une baisse des globules blancs dans le sang (neutropénie) minime à modérée. En général, cette neutropénie ne s’accompagne pas d’un arrêt du traitement.
  • Comme tous les traitements immunosuppresseurs, le traitement par Ixekizumab peut théoriquement favoriser l’apparition de tumeurs malignes ou de lymphomes. Mais nous ne disposons pas de données suffisantes pour estimer ce risque. Si un cancer survient, le traitement par Ixekizumab doit être arrêté.
  • L’Ixékizumab est contre-indiqué en cas de maladie de Crohn. Chez un patient en cours de traitement, l’apparition de signes digestifs à type de douleurs abdominales, diarrhée, amaigrissement, doit attirer l’attention sur la possibilité d’une maladie inflammatoire de l’intestin sous-jacente. - Les patients seront particulièrement surveillés en cas d’antécédent personnel de maladie de Crohn, ou de terrain à risque de maladie de Crohn.
  • Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.
  • Il existe des données limitées concernant l’utilisation de l’ Ixékizumab chez la femme enceinte. Les études réalisées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets spécifiques mais par précaution il est préférable d’éviter l’administration du traitement pendant la grossesse. Les femmes en âge de procréer doivent donc utiliser une méthode contraceptive efficace pendant le traitement et pendant encore 10 semaines après la fin du traitement. Cependant si une grossesse survient sous traitement celui-ci doit être arrêté. L’allaitement est contre indiqué.
  • La sécurité et l’efficacité du traitement chez les enfants âgés de moins de 18 ans n’ont pas été établies.
  • Il n’y a aucune prise de poids constatée sous traitement.
  • La surveillance du traitement est clinique et les examens complémentaires ne seront demandés qu’en fonction des points d’appel.

Y’a-t-il des précautions à prendre avec le traitement par Ixekizumab ?

  • Certaines situations de la vie quotidienne nécessitent une adaptation du traitement : certains vaccins, séjour à l’étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse.
  • Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée au cas par cas avec votre médecin.
  • Il est également important d’informer votre médecin que vous êtes traité par Ixekizumab avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement. En cas de questions concernant ce traitement ou en cas d'urgence, vous pouvez toujours joindre le dermatologue hospitalier le dermatologue libéral.

Mise à jour le 31 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Photothérapie UVB

Ce formulaire est destiné à vous informer concernant l'utilisation de la PHOTOTHERAPIE UVB pour le traitement du psoriasis.

La photothérapie U.V.B est un traitement consistant en l’irradiation du corps par des rayons ultraviolets B (UVB) à spectre étroit de 311 nm (lampe Philips TL01) sans prise de médicament photosensibilisant. Elle est utilisée depuis plus de 30 ans avec succès dans le traitement de nombreuses dermatoses (notamment le psoriasis).

La photothérapie U.V. B est prise en charge par la Sécurité Sociale après acceptation de la demande d’entente préalable établie par le dermatologue et adressée immédiatement par l’assuré au médecin-conseil de sa caisse d’assurance maladie.

Contraintes

  • Un examen cutané est indispensable avant de débuter la photothérapie U.V.
  • Le rythme des séances est habituellement de 3 séances par semaine pour une série totale d’environ 20 à 30 séances, délivrant des doses d’UV progressivement croissantes. Le rythme prescrit doit être respecté pour optimiser l’effet du traitement.
  • Il est impératif pendant toute la cure de photothérapie U.V. :
    • d’être à l’heure aux rendez-vous ;
    • de ne pas s’exposer au soleil naturel ni aux rayons ultra-violets artificiels (lampes de bronzage à visée esthétique) le jour de la séance ; par contre les autres jours il n’y a pas de précautions spécifiques à prendre vis-à-vis de l’exposition solaire naturelle.
    • pendant les séances, de porter des lunettes coques opaques de protection (pour prévenir la formation de lésions de cataracte) et de protéger la région génitale par un vêtement approprié (slip, string, pour éviter la formation chez l’homme notamment de carcinomes épidermoïdes de la peau des organes génitaux externes) ;
    • de signaler au médecin la prise de tout nouveau médicament et la survenue de toute manifestation cutanée ou générale.

Risques à court terme

  • Erythème (brûlure cutanée à type de coup de soleil) : rarement dû à un surdosage accidentel, il est le plus souvent lié à des paramètres individuels ou à la prise concomitante d’un médicament ou d’un aliment photosensibilisant (non déclaré au médecin).
  • Sécheresse cutanée, nécessitant l’application d’une crème hydratante le soir.
  • Démangeaisons.
  • Induction d’une dermatose photo-déclenchée : lucite (allergie solaire), poussée d’herpès récurrent (bouton de fièvre).

Risques à long terme

  • Cataracte. Il est prévenu par de strictes mesures de protection oculaire : port de lunettes coques opaques pendant les séances.
  • Risque de cancers cutanés. Comme pour les expositions solaires, ce risque est cumulatif et augmente en fonction du nombre total de séances après plusieurs cures de photothérapie U.V.
    • La photothérapie U.V.B est contre-indiquée en cas d’antécédents personnels de cancer cutané, d’expositions antérieures aux rayons X, de la présence de lésions pré-cancéreuses cutanées.
    • Le risque de développer un cancer cutané augmente en fonction de la dose cumulée totale, notamment quand le nombre de séances est supérieur à 250 séances reçues au cours de toute une vie.
    • La communication au médecin de toute photothérapie antérieure ou de l’usage des lampes de bronzage à visée esthétique est indispensable.

Ces risques peuvent être réduits au minimum:

  • par une sélection stricte des patients pouvant bénéficier d’une photothérapie U.V.B,
  • par le respect impératif des conseils de photoprotection.

Autres précautions à prendre pendant le traitement par photothérapie UVB

  • Il est important d'informer votre médecin que vous êtes traité par photothérapie UVB avant de prendre un nouveau médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.
  • Par contre le traitement peut être poursuivi pendant la grossesse et pendant l’allaitement si votre médecin le juge nécessaire pour traiter votre psoriasis.
  • De la même façon, la survenue d’un cancer, notamment profond, sous photothérapie ne contre indique pas la poursuite de la photothérapie UVB si votre médecin le juge nécessaire pour traiter votre psoriasis.
  • Il n’y a pas non plus de risque de prise de poids lié au traitement.
  • En cas d’oubli ou de non-respect d’une séance, le rythme sera inchangé et la prochaine séance sera faite à sa date théorique.
  • En cas d’interruption trop prolongée des séances, votre médecin décidera ou non d’une adaptation des doses.

Mise à jour le 31 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

Secukinumab (Cosentyx®)

Lettre d’information patient pour le traitement du psoriasis par Secukinumab ( Cosentyx®)

Ce formulaire est destiné à vous informer concernant l'utilisation du Secukinumab (Cosentyx®) pour le traitement du psoriasis.

Date mise sur le marché en France : 22/06/2016

Qu’est ce que le traitement par Secukinumab ?

Le secukinumab est un anticorps monoclonal de classe IgG1/κ dirigé spécifiquement contre l’IL-17A qui est une cytokine pro-inflammatoire surexprimée dans certaines maladies auto-immunes et inflammatoires. Il est commercialisé par la société Novartis sous le nom de Cosentyx®.

Indications

Il est indiqué dans le traitement du psoriasis sévère de l’adulte nécessitant un traitement systémique. Les formes sévères considérées correspondent à celles qui sont étendues avec ou sans retentissement psychosocial important et celles pour lesquelles deux traitements, parmi les traitements systémiques non biologiques (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine) et la photothérapie, ont été des échecs (réponse insuffisante, contre-indication ou intolérance). Le secukinumab est également indiqué dans le rhumatisme psoriasique et dans la spondylarthrite ankylosante.

Comment se déroule le traitement par Secukinumab ?

Avant le traitement, votre médecin recherchera par l’interrogatoire des antécédents d’infection chronique et particulièrement de tuberculose, de néoplasies. Il recherchera aussi des antécédents connus personnels ou familiaux connus de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin telles que la maladie de Crohn. Il effectuera aussi un examen clinique complet à la recherche d’anomalies contre indiquant le traitement. On vous proposera également une prise de sang comportant des tests pour la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du virus VIH, une numération formule sanguine, la recherche d’un contact antérieur avec le bacille de la tuberculose par une intradermoréaction à la tuberculine ou par un dosage Quantiféron® et une radiographie du thorax. L’administration du médicament se fait par voie sous-cutanée (SC) à l’aide de seringues ou de stylos pré-remplis à usage unique dosés à 150 mg/ml. Le traitement d’attaque comporte 4 injections SC hebdomadaires de 300 mg puis des injections SC mensuelles de 300 mg pendant le traitement d’entretien.

Le traitement est disponible en pharmacie de ville à partir d’une ordonnance spécifique de Médicament d’Exception. Le dermatologue de ville peut renouveler le traitement pendant 1 an.
Il est prudent de passer commande et prévoir un délai de conditionnement pour la livraison à la pharmacie d’officine.
Le traitement est à conserver au réfrigérateurs (entre + 2 et +8°C). Il ne doit pas être congelé. En cas de nécessité, il peut être conservé en dehors réfrigérateur jusqu’à 4 jours à température ambiante sans dépasser 30°C.

Comment est pris en charge le traitement par Secukinumab

Le Cosentyx® est un médicament d’exception à prescription initiale hospitalière annuelle réservée aux dermatologues, rhumatologues et médecins internistes. Il est remboursé à hauteur de 65% par la sécurité sociale.

Quels sont les bénéfices attendus du traitement par Secukinumab ?

L’efficacité du traitement par Secukinumab est variable suivant les patients. En général, une amélioration importante du psoriasis est observée chez environ 80 à 85 % des patients après 12 semaines de traitement. Environ 55 à 60 % des patients peuvent obtenir un blanchiment complet de leur psoriasis. Ce résultat se maintient sous traitement le plus souvent

Durée du traitement

En cas de bonne réponse, il est préférable de poursuivre le traitement de façon continue. En l'absence de réponse au bout de 16 semaines, un arrêt du traitement doit être envisagé.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’un traitement par Secukinumab ?

Le traitement est bien toléré avec des effets secondaires d’intensité légère ou modérée. Les effets indésirables les plus fréquents sont des infections des voies respiratoires hautes (rhinopharyngites ou rhinites dans la plupart des cas), des cas d’infections cutanées à herpès virus, à staphylocoques.
Des candidoses muco-cutanées régressant sous traitement antifongique ont aussi été rapportées de façon plus fréquente qu’avec le placebo.

Des neutropénies ( diminution du taux de globules blancs dans le sang) modérées et transitoires, sans retentissement infectieux, ont été également observées, ne nécessitant pas l’arrêt du traitement dans la grande majorité des cas. L’utilisation du Secukinumab chez les patients ayant une infection chronique ou des antécédents d’infections récidivantes doit être envisagée avec précaution. Les patients doivent être informés de la nécessité de consulter un médecin en cas de signes ou symptômes évocateurs d’une infection. Les études cliniques n’ont rapporté aucune augmentation de la sensibilité à la tuberculose mais un traitement antituberculeux doit être instauré avant l’initiation du Secukinumab chez les patients présentant des anomalies évoquant une tuberculose.

Les vaccins à virus vivants comme la fièvre jaune sont contre-indiqués sous ce traitement. Si une vaccination par un virus vivant est nécessaire, elle sera réalisée au moins 3 semaines avant de débuter le traitement. Par contre les vaccins non vivants tels que le vaccin antigrippal ou vaccin anti pneumocoque sont recommandés. Comme tous les traitements immunosuppresseurs, le traitement par Secukinumab peut théoriquement favoriser l’apparition de tumeurs malignes ou de lymphomes. Mais nous ne disposons pas de données suffisantes pour estimer ce risque. Si un cancer survient, le traitement par Secukinumab doit être arrêté.

Le Secukinumab est contre-indiqué en cas de maladie de Crohn active et évolutive. Chez un patient en cours de traitement par Secukinumab, l’apparition de signes digestifs à type de douleurs abdominales, diarrhée, amaigrissement, doit attirer l’attention sur la possibilité d’une maladie inflammatoire de l’intestin sous-jacente. - Les patients seront particulièrement surveillés en cas d’antécédent personnel de maladie de Crohn, ou de terrain à risque de maladie de Crohn.
Le traitement n’interfère pas avec la fertilité.

Il existe des données limitées concernant l’utilisation du Secukinumab chez la femme enceinte. Les études réalisées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets spécifiques mais par précaution il est préférable qu’une grossesse soit évitée pendant tout le traitement et encore pendant 5 mois après l’arrêt du traitement.Les femmes en âge de procréer doivent donc utiliser une méthode contraceptive efficace pendant le traitement. Cependant si une grossesse survient sous traitement celui-ci doit être arrêté. La sécurité et l’efficacité du traitement chez les enfants âgés de moins de 18 ans n’ont pas été établies. Il n’y a aucune prise de poids constatée sous traitement. La surveillance du traitement est clinique et les examens complémentaires ne seront demandés qu’en fonction des points d’appel.

Y’a-t-il des précautions à prendre avec le traitement par Secukinumab ?

  • Certaines situations de la vie quotidienne nécessitent une adaptation du traitement : certains vaccins, séjour à l’étranger, soins dentaires, intervention chirurgicale, désir de grossesse.
  • Dans chacune de ces situations, la conduite à tenir devra être discutée au cas par cas avec votre médecin.
  • Il est également important d’informer votre médecin que vous êtes traité par Sécukinumab avant de prendre un autre médicament.
  • Un suivi régulier par votre médecin traitant et/ou votre dermatologue est nécessaire pendant le traitement.

Mise à jour le 31 mars 2020.

Fiche d'information réalisée par les médecins dermatologues du GRPso (Groupe de Recherche sur le Psoriasis),  avec relecture de l'association de patients France Psoriasis.

Vous pouvez retrouver les fiches traitements mises à jour régulièrement par le GrPso grâce au lien suivant : http://grpso.org/grpso-fiche-info.php

De nouveaux traitements contre le pso

La recherche avance et avec elle la compréhension des mécanismes qui conduisent à la maladie donc à de nouveaux traitements. Deux nouveaux traitements initiés par LEO Pharma seront disponibles durant le 1er semestre 2018.

ENSTILAR® : un nouveau traitement pour les patients atteints de psoriasis en plaques

LEO Pharma lance Enstilar®, un nouveau traitement local sous forme de mousse cutanée qui réduit rapidement les symptômes du psoriasis en plaques et soulage efficacement les patients.

La particularité d’Enstilar® réside dans sa formulation exclusive sous forme de mousse cutanée qui assure une meilleure pénétration de ses 2 principes actifs à travers la barrière cutanée. Alors qu’avec les formulations topiques classiques, la majorité des composants restent à la surface de la peau sous forme de cristaux, les solvants présents dans la formulation d’Enstilar® assurent une dissolution complète du calcipotriol et de la bétaméthasone présents dans le flacon. Une fois pulvérisés à la surface de la peau, les solvants s’évaporent et les principes actifs restent intégralement dissous dans la mousse, leur assurant une pénétration optimale au travers de la peau : c’est le phénomène de sursaturation*.

*Lind et al. Supersaturation of Calcipotriene and Betamethasone Dipropionate in a Novel Aerosol Foam Formulation for Topical Treatment of Psoriasis Provides Enhanced Bioavailability of the Active Ingredients. Dermatol Ther (Heidelb); DOI 10.1007/s13555-016-0125-6

Un nouveau médicament biologique destiné au traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère

LEO Pharma obtient, pour l’Union européenne, l’autorisation de mise sur le marché de Kyntheum® (brodalumab), un nouveau médicament biologique destiné au traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère , chez les patients adultes éligibles à un traitement systémique.1 Kyntheum® est le premier traitement biologique qui cible de manière sélective le récepteur de l’IL-17A.2,3

Kyntheum® se différencie des thérapies existantes en se fixant de façon spécifique au récepteur des cellules de la peau, au lieu de cibler des médiateurs inflammatoires circulants. Le brodalumab bloque ainsi l’activité biologique de plusieurs cytokines IL-17 pro-inflammatoires responsables de la formation des plaques de psoriasis.2,4,5

Le brodalumab est autorisé aux États-Unis et au Japon pour le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère chez les patients adultes. Au Japon, il est également autorisé pour le traitement du psoriasis en plaques, du rhumatisme psoriasique, du psoriasis pustuleux et du psoriasis érythrodermique.

En juillet 2016, LEO Pharma a conclu un accord de partenariat avec AstraZeneca selon les termes duquel une licence exclusive a été concédée à LEO Pharma pour le développement et la commercialisation de Kyntheum® en Europe.

1.European Commission, Community register of medicinal products for human use, Kyntheum® (brodalumab). Available from: http://ec.europa.eu/health/documents/community-register/html/h1155.htm  2.Campa M, et al. Dermatol Ther. 2016;6:1–12 3. Coimbra S, et al. Core Evidence. 2014;9:89-97 4. Beringer A, et al. Trends Mol Med. 2016; 22: 230-41 5. Russell CB, et al. J Immunol. 2014; 192: 3828-36

Evaluation de l’adhésion aux traitements de fond des rhumatismes inflammatoires chroniques

Dans le cadre d'un projet mené par le groupe de recherche en rhumatologie RER (Rencontres d'Experts en Rhumatologie), avec la participation et le soutien  d'associations de patients impliquées dans les maladies inflammatoire chroniques et rhumatismales comme l'Association France Psoriasis, nous vous proposons de répondre à un questionnaire visant à améliorer les connaissances  sur le thème de l'adhésion aux traitements de fond contre les rhumatismes inflammatoires chroniques

Qu'est ce que l’adhésion thérapeutique ?

La prise des médicaments en conformité avec la prescription médicale est connue sous le nom «d’adhésion thérapeutique»

Pourquoi s’intéresser à l’adhésion thérapeutique ?

Une mauvaise adhésion thérapeutique est reconnue comme dangereuse en raison de la possible toxicité d’un médicament pris à une trop forte dose mais aussi en raison de la possible perte de contrôle de la maladie en raison d’une non prise du médicament.

Qui s’en intéresse en rhumatologie ?

De nombreuses actions ont déjà été menées dans ce domaine par plusieurs instances (ministère de la santé, sociétés scientifiques, association de malades).

Récemment, un groupe de rhumatologues français (RER) s’est réuni afin d’évaluer l’importance de la question de l’adhésion thérapeutique en rhumatologie et les moyens de l’améliorer.

Comment aller plus loin ?

Ce groupe de travail a conclu que peu de choses étaient connues dans ce domaine en ce qui concerne notamment les traitements de fond des rhumatismes inflammatoires chroniques

Quelle initiative en cours ?

En collaboration avec ce groupe de rhumatologues mais également d’autres associations de patients : France Psoriasis  a participé à l’élaboration d’un questionnaire qui devrait pouvoir améliorer nos connaissances dans cette problématique.

Si vous êtes d’accord, nous vous invitons à répondre à ce questionnaire en cliquant sur le lien ci-dessous.

Bien entendu, nous vous garantissons de l’anonymat de ce questionnaire, et nous vous adresserons les résultats de ces questionnaires dès qu’ils auront été analysés.

Nous tenant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et en vous remerciant à l’avance de votre collaboration.

Merci par avance pour votre participation !

Photo by Nik MacMillan on Unsplash

Vaccins vivants et traitement immunosuppresseur

Texte rédigé par la Haute Autorité de Santé

Une femme de 32 ans est morte samedi 10 février 2018 à Poitiers. Il s'agit du 21e décès dû à la rougeole depuis 2008, selon les chiffres de l'agence sanitaire Santé publique France.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a demandé mercredi 14 février "à toutes les personnes qui ne sont pas vaccinées (contre la rougeole) ou qui n'ont pas fait vacciner leurs enfants de faire un rattrapage".

Nous rappelons que les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués chez les personnes recevant un traitement immunosuppresseur, une biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immuno-suppressive (10mg/j d’équivalent prednisone pendant plus de quinze jours ou sous forme de « bolus »).

Après arrêt des traitements, le délai minimum à respecter pour vacciner est de trois mois minimum (six mois pour le rituximab).

Nous vous recommandons d’être vigilants s’il y a des cas dans votre entourage et si vous n’avez plus de protection vaccinale. Incitez votre entourage à se faire vacciner.

Parlez-en à votre médecin.

Quelques rappels sur la rougeole

Une maladie respiratoire très contagieuse (sources : CDC, OMS, History Of Vaccines)

  • Symptômes
    • Fièvre
    • Nez encombré
    • Toux et maux de gorge
    • Rougeurs sur tout le corps
  • Infection
    Le virus se transmet par voie aérienne en étant diffusé par la toux et les éternuements.
  • Complications possibles

    • Cécité
    • Encéphalite
    • Diarrhée
    • Pneumonie
    • Risque sévère pour la femme enceinte car la maladie peut conduire à une fausse couche
    • La mort peut survenir suite à ces complications