Le psoriasis de l’enfant

Rédigé par Dr Mahé, 1 octobre 2013

Le psoriasis de l’enfant n’est pas très fréquent, mais il semblerait que plus d’un tiers des psoriasis de l’adulte aient débutés dans l’enfance, surtout dans l’adolescence. Le diagnostic est simple pour le médecin et ne nécessite aucun examen. Toutes les formes de psoriasis sont observées chez l’enfant. Cependant, la fréquence des différentes formes est modifiée selon l’âge de l’enfant et quelques formes sont spécifiques à l’enfant comme le « psoriasis des langes ». Une grande part de la consultation est destinée à expliquer la maladie à l’enfant, avec des mots adaptés, et surtout à ses parents.

Particularités du psoriasis de l’enfant

Chez l’enfant, la plaque de psoriasis a le plus souvent le même aspect que chez l’adulte : plaque rouge (« érythème ») couverte d’une croûte (« squame ») adhérente. Les plaques sont bien limitées et touchent le corps de façon relativement symétriques. Comme chez l’adulte, il existe des sites électifs où se développent les plaques (« zones bastions ») : les coudes, les genoux, les lombes et le cuir chevelu. Contrairement à l’eczéma, les plaques de psoriasis grattent pas ou peu. Chez le petit enfant, l’aspect peut être moins caractéristique, ce qui peut expliquer que le médecin a du mal à conclure initialement entre un eczéma ou un psoriasis.

Tous les aspects du psoriasis de l’adulte peuvent être observés chez l’enfant. Les aspects les plus fréquemment rencontrés sont le psoriasis en plaques et le psoriasis du cuir chevelu. Dans le cuir chevelu, un aspect dit de « pseudo-teigne amiantacée » (casque de croutes un peu grises) peut révéler le psoriasis. Deux présentations sont plus particulièrement observées chez l’enfant : le psoriasis des langes et le psoriasis en gouttes.

Durant les deux premières années de vie, un aspect est fréquemment révélateur, c’est est le psoriasis des langes. Il se développe à partir de l’âge de trois mois sur le siège de l’enfant (fesses, vulve, plis de l’aine). Il peut diffuser sur toute la zone des couches. Le diagnostic peut être difficile au début de l’éruption prise pour un « érythème fessier » banal (« c’est les dents, docteur ! »). L’aspect typique est celui d’une rougeur des fesses sèche et bien limitée. La localisation au siège s’observe aussi chez l’enfant plus grand mais il est souvent plus localisé, principalement au gland et à la vulve.

Le psoriasis en gouttes se présente comme une éruption d’apparition rapide et diffuse, prédominant sur le tronc, et faite de petites plaques de psoriasis (< 1 cm). Dans plus de la moitié des cas, il disparaitra sans traitement en quelques mois. Il succède fréquemment à une infection à streptocoque, surtout à type d’angine. Le médecin va presque toujours réaliser un prélèvement de gorge même en l’absence de signe d’angine et va prescrire un antibiotique parfois de façon prolongée (1 mois)

D’autres caractéristiques sont décrites chez l’enfant bien que de façon inconstante :

  • plus grande fréquence de l’atteinte du visage;
  • fréquence élevée des pulpites. C’est une atteinte de la pulpe des doigts qui peut être très gênante notamment à l’école, pour écrire ;
  • moins grande fréquence de l’atteinte des ongles et rareté de l’atteinte des articulations ;
  • plus grande fréquence de l’impact des stress familiaux : rentrée en CP, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, mais aussi séparations familiales.

Transmission et évolution de la maladie : les questions des parents

Plusieurs questions sont fréquemment posées en consultation : « c’est contagieux ? », « il va avoir ça toute sa vie ? », « si j’ai un autre enfant, risque-t-il d’avoir du psoriasis ? », « c’est de ma faute ? », « c’est dans la tête ? dois je montrer mon enfant à un pédopsychiatre ? »

  • La première question ne pose pas de problèmes car en aucun cas le psoriasis n’est contagieux. Il ne faudra pas hésiter à l’expliquer à l’instituteur ou au professeur de sport. Dans des cas que l’on ne devrait pas observer, il ne faudra pas hésiter à demander un certificat de non-contagiosité pour la crèche, l’école ou la piscine.
  • Le devenir du psoriasis au long terme est une question plus difficile à aborder car l’évolution est mal connue et beaucoup de données sont contradictoires. Il semble que le psoriasis du petit enfant (psoriasis des langes ou psoriasis en gouttes par exemple) ne soit pas prédictif de la survenue d’un psoriasis à l’adolescence, ce qui n’exclut pas l’apparition très tardive du psoriasis.
  • Dans les formes familiales de psoriasis il existe un risque d’avoir des enfants atteints de psoriasis, ce risque serait d’environ un sur quatre. Néanmoins, l’enfant pourra développer son psoriasis soit dans l’enfance soit à l’âge adulte.
  • Il est important pour les parents de bien comprendre la maladie pour déculpabiliser : en aucun cas les parents sont « responsables » de la maladie de l’enfant, même si le trait génétique est transmis par eux-mêmes dans un certain nombre de cas. Cette étape est importante dans la compréhension de la maladie de l’enfant car c’est l’enfant qui va devoir apprendre à vivre avec cette maladie tout au long de sa vie. L’objectif des parents ne sera pas de se culpabiliser eux-mêmes (et donc de se focaliser sur leurs propres angoisses) mais d’accompagner et aider l’enfant à devenir autonome dans sa prise en charge pour qu’il grandisse mieux avec sa maladie, de permettre à l’enfant d’acquérir les compétences qui lui seront utiles pour gérer sa maladie (avec les épisodes différents) et son quotidien avec la maladie (école, activités sportives, relations amicales et amoureuses …) en devenant adulte.
  • Le psoriasis n’est en aucun cas une maladie « psychiatrique » mais une maladie de peau dont les poussées peuvent être favorisées par des facteurs extérieurs comme le stress. La rentrée à l’école, l’arrivée d’un petit frère, l’éventuelle séparation parentale sont autant de stress qui peuvent déclencher une poussée de psoriasis. Le psoriasis n’est que l’expression physique de ce que tout enfant ressent normalement dans ces situations. Mais l’enfant atteint de psoriasis n’est pas plus « psychiatrique » que tout autre enfant, le stress est seulement un peu plus visible.

Principes de la prise en charge du psoriasis de l’enfant

Le psoriasis de l’enfant est le plus souvent une maladie bénigne souvent mal vécue plus par les parents que par l’enfant. Ceci est vrai surtout avant la rentrée au CP. A l’adolescence, le retentissement du psoriasis peut être exacerbé par les problèmes liés à cet âge. De rares plaques de psoriasis peuvent être stigmatisées notamment en cas de conflits familiaux.

Contrairement au psoriasis de l’adulte, le traitement intègre trois intervenants : le médecin, l’enfant et les parents. Pour le petit enfant, une grande partie de la consultation sera destinée aux parents. L’objectif sera de les rassurer et de leur expliquer la maladie et les possibilités de traitements. Il ne faudra pas être surpris si le traitement est très différent de celui de l’adulte. L’objectif du traitement ne sera pas de guérir la maladie, mais de la rendre acceptable pour l’enfant. C’est-à-dire, lui autoriser une vie la plus normale possible, éviter les moqueries, aller à la piscine … Ainsi, un psoriasis du visage sera volontiers traité alors que l’objectif dans un psoriasis en gouttes aigu pourra être plus modeste devant cette éruption transitoire et souvent bien tolérée par l’enfant et sa famille.

L’importance d’une relation médecin-enfant-parents étroite dans la prise en charge de l’enfant est primordiale. Elle permet à la famille de comprendre le psoriasis, d’intervenir dans le choix du traitement, et de s’assurer de la bonne adhésion au projet thérapeutique afin d’aboutir aux objectifs préalablement établis ensemble (traitement de la poussée, simples émollients …).

Théo et les psorianautes

Théo et les Psorianautes est un jeu éducatif qui a pour objectif d’aider les enfants atteints de psoriasis à bien grandir et bien vivre avec cette maladie.
A travers l’explication de la maladie, l’acquisition d’automatismes et de mises en situation de vie courante, il permettra également à son entourage – parents, fratrie, enseignants et médecins – de mieux les accompagner.

Théo, un petit garçon de 10 ans atteint de Psoriasis, se réveille en pleine nuit avec une irrésistible envie de se gratter – qu’il parvient finalement à contrôler. Il découvre a ses côtés une créature féérique dénommée Mia, habitante d’un monde lointain nommé Psoria et inconnu des humains. Un monde où tout le monde a du Psoriasis mais n’en souffre pas.Mia propose à Théo de l’accompagner dans sa vie quotidienne pendant quelques jours pour lui donner plein d’astuces qui l’aideront à mieux vivre sa maladie.
Ce jeu à l’initiative de l’Association France Psoriasis a été réalisé avec le conseil scientifique du Dr Emmanuel Mahé, dermatologue au Centre Hospitalier Victor Dupouy d’Argenteuil et avec le soutien du Ministère de la Santé.

www.theoetlespsorianautes.fr

Psoriasis palmo-plantaire

Descriptif

Le psoriasis palmo-plantaire, comme son nom l'indique, touche exclusivement la paume des mains et/ou la plante des pieds. Les doigts et orteils ne sont que très peu touchés par les lésions.

Les lésions situées à ces endroits sont extrêmement sèches, inflammatoires et fissureuses. C’est un psoriasis souvent douloureux et particulièrement handicapant de par sa localisation.

Le psoriasis palmo-plantaire se présente souvent sous un aspect pustuleux.

Le diagnostic du psoriasis palmo-plantaire

Pas toujours simple ... Car il peut être confondu avec d'autres pathologies comme la pustulose palmo-plantaire, qui est une autre affection mais dont les manifestations pustuleuses sont très proches du psoriasis palmo-plantaire.

Selon la forme prise  par ce psoriasis, il peut également être pris pour un eczéma. Mais ce dernier se logeant plutôt entre les doigts, et ses pustules étant de plus petite taille, il est en général écarté assez rapidement.

En ce qui concerne le psoriasis de la plante des pieds, il peut être confondu avec un eczéma mais surtout avec une mycose plantaire. Les dermatologues font dans ce cas effectuer des examens pour lever toute ambiguïté.

Le risque est de tomber dans l'évidence et de dire que c'est un psoriasis palmo-plantaire parce que vous avez déjà du psoriasis sur d'autres parties du corps alors qu'il s'agit en fait d'une autre affection. La conséquence serait une prescription non-adaptée à cette autre pathologie.

Comment le soigner/traiter ?

Les traitements du psoriasis palmo-plantaire

Il y a bien sûr des traitements médicamenteux mais on évitera tout d’abord les irritations locales qui sont douloureuses et peuvent être évitées facilement s’y on s’y attèle :

  • éviter les détergents directement en contact avec les mains
  • éviter de frotter les lésions : plus on gratte plus le psoriasis s’aggrave et persiste
  • ne pas se laver les mains et pieds à l‘eau trop chaude

Privilégiez les gels ou pains sans savon au PH neutre pour vous laver. Hydratez-vous toujours après chaque lavage. L’hydratation est un soin complémentaire indispensable. Pour les formes kératolytiques, privilégiez les crèmes à base d’urée. Si ces lésions sont importantes et douloureuses, le médecin peut vous prescrire des pansements hydro-colloïdes qui mettent la peau en contact avec une surface cicatrisante. Outre la cicatrisation, ils apportent un réel confort.

Classiquement, on appliquera des pommades à base de corticoïdes. Il faudra néanmoins être patient car la peau étant plus épaisse à ces endroits précis, notamment la peau de la voûte plantaire, l’absorption de la crème est moindre. Pour plus d’efficacité, les corticoïdes peuvent-être appliqués sous la forme de pansements occlusifs.

Si le psoriasis palmo-plantaire est très sévère, un traitement à base de rétinoïdes sera prescrit. Si tous ces traitements échouent, le médecin peut vous prescrire de la puvathérapie, le cas échéant des biothérapies.

Pour que le traitement soit bien adapté à votre cas, n’hésitez pas à dire à votre dermatologue que votre psoriasis des mains et/ou des pieds vous gêne pour marcher, faire du sport, vous chausser ou travailler. Cela lui permet d’évaluer la dimension invalidante de votre atteinte.

Conseils et remarques appropriés

Le psoriasis palmo-plantaire peut être très invalidant. Il est forcément très mal placé et souvent douloureux, notamment aux pieds, le handicap peut être plus grand.

Ces pustules occasionnent une gêne considérable au moment d’enfiler ses vêtements ou ses chaussettes : les fils des vêtements ont en effet tendance à s’accrocher à vos paumes de main ou plantes des pieds.

Contrairement aux autres parties du corps cachées sous les vêtements, les paumes des mains sont constamment sollicitées et en contact avec des éléments extérieurs comme les produits ménagers qui peuvent avoir une action irritante sur les lésions ou l’eau par exemple.

On évitera donc les lavages de vaisselle ou nettoyage de meubles en raison des détergents à l’action irritante. Si vous n’avez pas le choix, optez pour des gants protecteurs doublés en coton (pharmacie) pour éviter les frottements et la transpiration.

Pour tout complément d’informations et d’une aide personnalisée, contactez-nous.

Psoriasis du cuir chevelu

Le psoriasis du cuir chevelu peut être isolé ou associé aux localisations plus classiques. Il s’agit généralement d’une plaque érythémateuse(1) étendue non alopéciante(2), à bords arrondis. Il est recouvert de squames sèches et bien limitées. Les cheveux concernés par l’atteinte ont une vitesse de pousse normale et contrairement à la teigne amiantacée, traversent la plaque perpendiculairement. Selon la localisation au niveau du cuir chevelu, l’expression clinique peut varier :

  • Au niveau de l’occiput(3), les squames sont épaisses et les démangeaisons sont fréquentes,
  • Au niveau frontal, l’aspect le plus fréquent est celui d’une couronne érythémateuse et séborrhéique(4).

Quelle est la prévalence du psoriasis du cuir chevelu parmi les personnes atteintes de psoriasis ?

L’atteinte du cuir chevelu chez les patients atteints de psoriasis peut survenir à tout âge. Elle est fréquente et touche presque une personne sur deux, sans distinction de sexe. Plus de 50 % des personnes souffrant de psoriasis ont une atteinte du cuir chevelu.

Comment le soigner/traiter ?

Au cours de ces dernières années, plusieurs médicaments de galénique (forme, consistance) considérablement améliorée et adaptée à la localisation ont vu le jour, avec l’arrivée de gel (Xamiol®), de mousse (Clarelux®), ou de shampoing (Clobex®).

Les démangeaisons constituent un symptôme très fréquent du psoriasis du cuir chevelu. Elles sont provoquées par les lésions psoriasiques fortement inflammatoires.

Pour vous soulager lors d’une poussée, il existe des traitements qui agissent sur l’inflammation et réduisent rapidement les démangeaisons.

Leur bon usage (respect de la posologie et de la durée du traitement) est indispensable pour obtenir une efficacité maximale.

Pensez aussi à respecter les conseils pour éviter l’agression de votre cuir chevelu lors de son lavage et de son séchage.

Enfin, il existe un conseil indispensable à respecter : ne pas gratter les lésions psoriasiques ! En effet, 5 minutes de grattage accélèrent le renouvellement de la peau et suffisent pour réactiver le psoriasis pendant 2 semaines.

Conseils et remarques appropriés

Est-il dangereux d'utiliser les corticoïdes sur le cuir chevelu ? Quel(s) sont les risque(s) ?

Le risque d’atrophie cutanée en lien avec l’application de dermo-corticoïdes au niveau du cuir chevelu semblent moins élevé que sur le reste de la peau.

Que peut-on faire contre les démangeaisons ?

La meilleure arme contre les démangeaisons du cuir chevelu au cours du psoriasis est le traitement local qui diminue le prurit(5). L’utilisation en appoint d’un antihistaminique peut être recommandée. En termes de prévention, il est conseillé d’éviter tout traumatisme répété en particulier le port de serre-têtes, de bandeaux et de fichus.

J’aimerais bien aller, chez le coiffeur mais j’hésite…

Il y a bien des raisons pour lesquelles vous pouvez avoir à hésiter à aller chez le coiffeur…

On craint souvent le regard perplexe voire dégoûté du coiffeur quand il tombe sur nos plaques de psoriasis.

En fait, la plupart des coiffeurs connaissent la maladie et savent qu’elle n’est pas contagieuse. Néanmoins, pour vous rassurer sur ce sujet, signalez votre psoriasis en prenant votre rendez-vous. Vous saurez alors si cela pose un problème à votre coiffeur, et cela vous permettra de vous y rendre sereinement si ce n’est pas le cas.

On craint aussi une amplification voire une aggravation de la maladie. C’est vrai que sous l’effet des peignes, des brosses à poils durs, du sèche-cheveux et d’un shampooing très astringent, le cuir chevelu est agressé ce qui peut provoquer l’apparition de nouvelles plaques de psoriasis. Pour éviter ce phénomène, demandez à votre coiffeur d’utiliser des brosses douces, et de vous sécher les cheveux à bonne distance (au moins 20 cm de votre cuir chevelu).

Pour le shampooing, demandez lui d’utiliser un shampooing doux ou votre shampooing habituel.

J’aimerai ses galéniques des produits spécifiquement. J’aimerais faire une teinture capillaire. N’y a-t-il pas de risque d’aggravation de mon psoriasis ?

Il n’y a pas de contre-indication à faire une couleur quand on a du psoriasis à condition de respecter certaines mesures préventives :

  • Éviter de vous gratter avant la coloration. De plus, si vos plaques de psoriasis sont "à vif" à cause du grattage ou si vous êtes en poussée, il est préférable de reporter la coloration et de soigner votre cuir chevelu avec un traitement adapté.
  • Il faut ensuite éviter de dessécher le cuir chevelu par un séchage trop long ou trop chaud car cela risquerait de provoquer des sensations de tiraillement ou des démangeaisons.
  • Enfin, choisissez de préférence des colorations sans ammoniac, produit parfois irritant pour le cuir chevelu.

Pour tout complément d’informations et d’une aide personnalisée, contactez-nous.

Glossaire

  1. Erythémateuse : qui se manifeste par une rougeur cutanée plus ou moins intense qui disparait lorsqu'une pression est effectuée dessus. L'érythème est souvent localisé, mais peut s'étendre sur une zone plus vaste.
  2. Alopéciante : Chute partielle ou totale des cheveux ou des poils.
  3. Occiput : partie se situant au-dessus de la nuque.
  4. Séborrhéique : se dit d'une dermatose inflammatoire cutanée fréquente (observée dans 3 % à 5 % de la population).
  5. Prurit : démangeaison.

Dr Khaled EZZEDINE, Dermatologue à l’hôpital, Saint André de Bordeaux
Source : Article PSO Mag n°116 septembre 2013 « Les traitements du psoriasis du cuir chevelu en 2013 »

Hygiène et hydratation

Le saviez-vous ?

L’hydratation est un soin capital pour notre peau et fait partie du traitement du psoriasis.

Quelle température de l’eau choisir pour se laver ?

Il est préférable de se doucher avec une eau tiède. En effet, la chaleur augmente la sécheresse cutanée et réactive l’inflammation, ce qui active donc le psoriasis.

Combien de douches puis-je prendre ?

Une ou deux douches de 5 à 10 minutes par jour. Il faut éviter de laisser la peau en contact trop longtemps avec l’eau. En effet, l’eau est souvent calcaire ce qui dessèche la peau. Le chlore utilisé pour assainir l’eau des villes peut irriter la peau chez certaines personnes.

Est-ce que je peux prendre des bains ?

Oui, ne vous privez pas de ce plaisir à condition de respecter quelques règles pour en faire profiter votre peau :

  • Préférez une eau tiède,
  • Ajouter un émollient* liquide pour peaux sèches ou atopiques pour neutraliser le calcaire de l’eau (votre pharmacien pourra vous conseiller)
  • Utiliser du bicarbonate, du son d’avoine, de la farine de lin, … si vous êtes en poussée, cela permet de calmer les démangeaisons et adoucit la peau,
  • Respecter une durée de 20 minutes maximum.

Quels produits choisir pour se laver ?

Il faut privilégier les gels ou pains « sans savon » ou encore les produits au PH neutre c’est-à-dire, un PH proche de celui de notre peau car il n’accentue pas la sécheresse cutanée et respecte ainsi le film hydrolipidique. 

Comment me laver ?

Il est préférable de se laver avec ses mains plutôt qu’avec un gant ou une fleur de massage. En effet, avec un gant, nous avons tendance à frotter ce qui agresse notre peau. C’est aussi plus propre et hygiénique car les germes ont tendance à se déposer sur les gants qui traînent souvent dans la salle de bain. Séchez-vous en vous tamponnant ou en vous enroulant dans un peignoir de bain. Frotter sa peau avec une serviette peut irriter et réactiver le psoriasis.

Quel shampoing choisir pour ne pas agresser mon cuir chevelu ?

Un shampooing à usage fréquent ou dermatologique doux est préférable à un shampooing parfumé qui irritera le cuir chevelu sec.

Comment nettoyer mon visage ?

  • Lavez votre visage avec un pain dermatologique ou sans savon,
  • Pour le démaquillage, vous pouvez utiliser les solutions micellaires sans rinçage, sans parfum si vous ne supportez pas l’eau. (en vente en grande surface et en parapharmacie).
  • Le nettoyage au coton sur une peau atopique ou sèche est déconseillé car le frottement fait rougir la peau et réactive l’inflammation.

Après le lavage, il faut systématiquement penser à s’hydrater pour réparer le film lipidique.

S’hydrater quotidiennement permet d’espacer et réduire les poussées.

La peau est ainsi adoucie et mieux protégée contre les agressions extérieures (le froid, le vent, l’humidité …)

Quelles crèmes pour m’hydrater ?

  • Privilégiez les crèmes sans parfum pour peaux sèches et atopiques,
  • Pour information, il existe des contenants économiques de 500 ml et 1 litre d’un très bon rapport qualité/prix.
  • Choisir une crème qui vous plaise et dont la texture vous convienne pour faire de ce soin un moment de plaisir.

Souvent on n’aime pas s’hydrater car on pense que c’est gras :

Or, si on applique la crème en couche fine (mettre des points de crème partout sur le corps pour l’étaler plus facilement et utiliser ainsi une quantité moindre), on limite cet inconvénient. De plus, il est conseillé d’utiliser un type de crème adapté à sa peau et à la saison : il y a une différence entre un lait, une crème et un baume. 

Est-ce que je peux aller à la piscine ou à la mer ?

Le chlore et le sel peuvent être irritants MAIS ne vous privez pas de baignades si vous aimez cette activité à condition de respecter quelques consignes :

  • Appliquez avant chaque bain une crème barrière (pharmacie et parapharmacie) sans oublier de se rincer à l’eau en sortant, (Cette crème dite barrière protège du chlore et du sel)
  • Si vous n’avez pas votre crème barrière :
    • Se rincer tout de suite après la baignade,
    • Appliquer une crème ou un lait hydratant et ou émollient.

Pour tout complément d’informations et d’une aide personnalisée, contactez-nous.

Psoriasis de l'ongle

Descriptif du psoriasis de l'ongle

On estime de 35 à 50% les patients qui souffrent de psoriasis de l'ongle et environ 80 à 90% des patients présenteront au cours de leur vie une atteinte unguéale (de l'ongle) plus ou moins importante. Malgré sa fréquence élevée et son retentissement parfois important sur la qualité de vie, le psoriasis des ongles est souvent négligé. Une étude néerlandaise récente estime que seulement 16 % des patients ont un traitement spécifique.

Les aspects du psoriasis de l’ongle sont variables en fonction de la localisation de l’atteinte (matrice ou lit de l’ongle).

Le diagnostic de psoriasis unguéal est clinique et ne pose habituellement pas de problème aux dermatologues surtout s’il existe des lésions cutanées associées. Seulement 1 à 5 % des psoriasis sont strictement localisés aux ongles ; dans ces situations le diagnostic différentiel est plus difficile avec d’autres maladies des ongles (lichen, onychomycose…). Les signes observés sont fonction du siège du psoriasis :

  • Lorsque le psoriasis touche la matrice de l’ongle, ont peut noter des altérations de la surface de l’ongle : ponctuations en dé à coudre, sillons
  • Lorsque le psoriasis touche le lit de l’ongle, on peut noter des anomalies de la couleur de l’ongle (orangée), un décollement de l’ongle (onycholyse) ou un épaississement sous l’ongle (hyperkératose).

Comment le soigner/traiter ?

Le traitement va dépendre avant tout de l’existence ou de l’importance d’un psoriasis cutané associé

  • Les traitements locaux (dermocorticoïdes, dérives de la vitamine D) sont néanmoins limités par l’interposition de l’ongle et doivent être prolongés en raison de sa pousse lente ce qui induit des problèmes de suivi du traitement.
  • Des injections intra-lésionnelles de corticoïdes retards en moyenne 2 injections à 2-3 mois d’intervalle avec des résultats satisfaisants. Elles sont réalisées sous anesthésie locale et grâce à de courtes sédations (Meopa).
  • Le Laser à colorant pulsé est une alternative qui semble intéressante mais qui mérite encore d’être évaluée.
  • Le traitement général (Ciclosporine, Méthotrexate, Soriatane) est justifié s’il existe une atteinte sévère des ongles ou si le psoriasis de l’ongle s’associe à une atteinte cutanée importante. Ce traitement général aura une action sur l’atteinte unguéale.  Les biologiques ont montré une efficacité sur le psoriasis unguéal avec une action plus lente que sur la peau. 

Conseils et remarques appropriés

Comment différencier un psoriasis des ongles d’une mycose ?

Une mycose de l’ongle peut mimer un psoriasis unguéal ce qui impose dans certains cas de réaliser un prélèvement mycologique. On estime aussi qu’un ongle psoriasique peut être surinfecté par un champignon notamment au niveau des orteils.

Psoriasis de l’ongle : attention au rhumatisme psoriasique !

Le psoriasis de l’ongle est d’autant plus fréquent que l’atteinte cutanée est sévère ou s’il existe un rhumatisme psoriasique associé. Dans ce dernier cas de figure, la fréquence de l’atteinte unguéale est de l’ordre de 85%. Elle s’explique par les liens anatomiques étroits entre l’ongle et l’articulation distale du doigt et serait associée à un rhumatisme plus sévère.

Lorsqu’il existe une arthrite psoriasique, on observe fréquemment un œdème puis un épaississement de l’extrémité des doigts (aspect de doigt « en saucisse »).

Conseils utiles pour limiter le psoriasis unguéal

Ces règles doivent être proposées pour éviter les microtraumatismes qui aggravent le psoriasis (phénomène de Koebner). Certaines formes minimes de psoriasis peuvent disparaître spontanément lorsqu’on effectue ces quelques mesures simples :

  1. Eviter les microtraumatismes : pas de manucurie abusive, port de gants, ongles ras.
  2. Protection contre l’humidité : éviter la colonisation microbienne et mycosique.
  3. Vernis protecteur : vernis protecteur hydrosoluble
  4. Découpage des zones décollées et éviter le nettoyage trop agressif de la partie distale.

Pour tout complément d’informations sur le psoriasis de l'ongle et une aide personnalisée :

Rédigé et validé par le Dr Olivier Cogrel, CHU Bordeaux.

Psoriasis génital chez la femme

Descriptif du psoriasis génital chez la femme

Connaît-on la fréquence du psoriasis génital parmi la population atteinte de psoriasis ?

L’atteinte génitale (femme et homme) est fréquente au cours du psoriasis, touchant 46,5 % des individus au cours de l’évolution de leur psoriasis. La fréquence précise du psoriasis de la vulve n’est cependant pas connue au sein de la population féminine atteinte de psoriasis. Le psoriasis vulvaire représente 2 % des motifs de consultation en pathologie vulvaire ; c’est aussi la 3ème cause de consultation pour atteinte vulvaire chez la fillette après l’eczéma et le lichen scléreux. Le psoriasis vulvaire est rarement isolé (2 à 5 % des cas), mais beaucoup plus souvent associé à du psoriasis extra-génital (70 % des cas).

Existe-t-il plusieurs formes de psoriasis génital chez la femme ? Si oui, lesquels ?

Oui, il existe plusieurs formes de psoriasis vulvaire.

La forme la plus connue est le psoriasis dit « inversé ».

Il atteint les plis de la racine des cuisses en réalisant des placards inflammatoires (rouges), à bordures nettes, peu ou pas du tout squameux contrairement aux plaques de la peau qui desquament. L’absence de squames est liée à l’humidité des plis. D’autres plis (plis sous-mammaires, plis abdominaux, nombril) sont très souvent atteints aussi.

Le psoriasis peut se localiser aussi aux zones pileuses de la vulve (pubis et grandes lèvres).

Il est alors très souvent prurigineux (démangeaisons) et le grattage chronique entretient lui-même le psoriasis. Là encore, on observe un placard inflammatoire étendu à l’ensemble du pubis, avec des bords nets ou parfois une plaque plus petite sur une grande lèvre.

Le psoriasis peut enfin se localiser aux petites lèvres

Toujours sous la forme d’une plaque rouge, bien limitée. La muqueuse vaginale elle-même n’est pas atteinte par le psoriasis. Le diagnostic de cette forme est parfois plus délicat, nécessitant de réaliser des examens complémentaires, tel qu’un prélèvement mycologique ou une biopsie vulvaire.

Comment le soigner/traiter ?

Les traitements sont-ils les mêmes pour traiter la vulve (partie supérieure) ou les muqueuses (internes) ?

Le traitement du psoriasis vulvaire fait appel en première intention aux crèmes cortisoniques.

Selon la zone atteinte, le dermatologue prescrira des dermo-corticoïdes plus ou moins puissants. En effet, dans les plis, l’absorption du dermo-corticoïde est augmentée par l’occlusion et la macération naturelle et on préférera des dermo-corticoïdes de puissance faible à modérée. Sur les zones pileuses, où la peau est plus épaisse, on proposera des dermo-corticoïdes forts ou très forts. Comme c’est le cas au cours d’autres maladies inflammatoires vulvaires, tel que le lichen scléreux, on peut utiliser les dermo-corticoïdes de façon prolongée avec une bonne tolérance locale.

Les traitements à base de vitamine D (Daivobet) pourront être proposés sous forme de gel sur les zones pileuses mais ils sont irritants pour les muqueuses.

Comment atténuer la douleur générée par le psoriasis (par l'hydratation, l’eau fraîche autre...) ?

La douleur, souvent à type de brûlures, est liée à la présence de fissures ou d’excoriations (écorchures) liées au grattage au sein des plaques de psoriasis. Comme les démangeaisons, les crèmes cortisoniques vont les soulager. Il est conseillé d’associer une hydratation de la muqueuse par un émollient ou une huile appliquée localement.

  • Dans la mesure du possible, il faut éviter les pommades, en tout cas de façon prolongée, car elles provoquent une macération qui peut être elle-même responsable d'une irritation et donc de l’entretien du psoriasis.

Existe t-il des produits de lavage (savon, syndet) qui permettent d’atténuer l’inflammation ? Les démangeaisons ?

 Il faut privilégier tout ce qui n’est pas irritant : savon surgras, syndet, huile de douche mais ce sont avant tout les dermocorticoïdes qui permettront d’atténuer l’inflammation.

  • Après la douche, après s’être essuyée, chauffer les plis avec un sèche-cheveux. L'augmentation de la température améliore très progressivement la différenciation épidermique et a un effet anti-inflammatoire. C'est un traitement à suivre indéfiniment.

De même, là comme ailleurs, le fait de se laver de façon non agressive est utile chez la femme, grâce à des produits de type Saforelle. Mais ce n’est que le traitement spécifique qui contrôlera les démangeaisons.

  • La corticothérapie locale, sous forme de lotion, en choisissant une lotion non alcoolique comme le Betneval lotion.

Ce traitement doit être fait tous les soirs pendant un mois juste avant le chauffage au sèche-cheveux, puis on peut espacer les applications progressivement en maintenant de façon très prolongée une application par semaine. C’est très efficace contre les démangeaisons.

Ce traitement est habituellement très bien toléré chez la femme, sans effets secondaires.

Quels sous-vêtements peut-on porter (coton ...)? Faut-il éviter les pantalons trop serrés, les collants ?

Le frottement, sur la vulve comme sur la peau, peut aggraver ou entretenir le psoriasis par un phénomène de Koebner.

Si on ne supporte pas les pantalons serrés, les strings… alors autant les supprimer, au moins momentanément !

Mais aucune étude ne prouve qu’il faut systématiquement s’en débarrasser !

L’atteinte du pli inter-fessier est-elle automatique lorsque l’on a une atteinte génitale ? Comment la traiter ?

L’atteinte du pli fessier est extrêmement fréquente et elle aide souvent le dermatologue à confirmer le diagnostic de psoriasis vulvaire. Le traitement est le même que celui de la vulve.

Conseils et remarques appropriés

Peut-on utiliser un préservatif féminin en pleine poussée de psoriasis ?

Il n’y a pas de contre-indication à cela, la muqueuse du vagin n’étant pas concernée par le psoriasis.

Faut-il éviter les rapports avec pénétration en période d’inflammation ?

Théoriquement non, puisqu’il n’existe pas de vaginite (inflammation du vagin) au cours du psoriasis. Mais le rapport peut être douloureux s’il existe des fissures ou une inflammation très importante.

Le psoriasis peut-il provoquer des problèmes de lubrification ?

Non. Cependant, surtout en cas d’atteinte génitale, le psoriasis altère la qualité de vie et le bien-être sexuel. Il est alors possible que la libido en soit affectée, et que la lubrification soit moins bonne.

En période de règles, faut-il privilégier les serviettes hygiéniques ou les tampons ?

Chaque femme utilisera ce qui lui convient le mieux !

Comment différencier le psoriasis d’une mycose ?

Lorsque le dermatologue aura un doute diagnostique entre un psoriasis et une mycose (candidose ou dermatophyte), il demandera ou pratiquera lui-même un prélèvement mycologique. Ce n’est pas un examen douloureux. Il consiste à frotter la peau ou la muqueuse avec un écouvillon (sorte de coton-tige).

Peut-on par ailleurs avoir les deux en même temps ?

Oui, mais c’est finalement assez rare, chez les femmes en particulier.

Pso et MST : plusieurs patients nous ont fait part de réactions concernant la confusion soriasis et MST. Que pourrait-on dire aux patients ?

Il faut surtout leur dire que, comme sur la peau, le psoriasis génital n’est pas contagieux !

Chez la femme, les principaux diagnostics différentiels du psoriasis vulvaires ne sont pas des MST, et cela ne pose généralement pas de difficulté au dermatologue.

Psoriasis et libido : le psoriasis a-t-il une influence sur la libido ? Quels conseils peut-on donner ?

Oui, le psoriasis génital retentit sur la qualité de vie, et en particulier sur la vie sexuelle, pouvant alors être responsable d’une détresse psychologique. Il semblerait que ce soit plus marqué chez les femmes que chez les hommes.

Le premier conseil est d’oser parler de son psoriasis génital à son médecin et à son dermatologue afin de le prendre en charge. S’il s’établit une relation de confiance entre le praticien et le patient, les troubles de la libido pourront aussi être abordés et dédramatisés. La disparition des fissures, des excoriations liées au grattage vont permettre de retrouver un « bien-être local » qui favorisera la libido, la lubrification et des rapports sexuels satisfaisants.

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Pour tout complément d’informations sur le psoriasis génital et une aide personnalisée

Dr Sandra Ly, dermatologue Hôpital du Haut-Lévêque (Pessac) et Cabinet de Dermatologie (Gradignan)

Psoriasis génital chez l'homme

Quelle est la fréquence du psoriasis génital chez l’homme ?

Une atteinte génitale est décrite chez 33 à 49 % des hommes souffrant de psoriasis. L’atteinte génitale peut être isolée (2 à 5 % des hommes) ou, plus fréquemment, s’accompagner de lésions situées en dehors des organes génitaux (coudes, genoux, cuir chevelu, etc.).

Existe-t-il plusieurs formes de psoriasis génital ?

Les lésions peuvent être situées sur la verge, le scrotum ou les plis inguinaux (ou plis de l’aine, situés en haut des cuisses). L’atteinte du scrotum ou du gland chez l’homme circoncis se caractérise par une inflammation (rougeur ou érythème) et des squames. Au contraire, chez l’homme non circoncis et dans les plis inguinaux, on n’observe fréquemment qu’une rougeur, les squames typiques du psoriasis étant absentes du fait de l’humidité locale. Des démangeaisons (prurit), une sensation de brûlure voire des douleurs sont parfois présentes. 

Comment soigner/traiter le psoriasis génital ?

Quels sont les traitements adaptés pour traiter cette localisation ?

Les traitements doivent être adaptés aux spécificités de cette localisation génitale : peau fine sensible et facilement irritable.

En première intention, on utilise des traitements locaux à base de dermocorticoïdes et/ou dérivés de la vitamine D, en préférant les crèmes et lotions aux pommades, ces dernières pouvant aggraver la macération. Les traitements dits systémiques (comprimés et biothérapies) ne sont prescrits qu’en cas d’atteinte cutanée étendue, et non pour une atteinte génitale isolée.

Comment atténuer la douleur ou les démangeaisons générées par le psoriasis sur le pénis ?

L’application d’eau fraîche pourra diminuer le caractère « cuisant » des plaques. L’hydratation locale pourra diminuer les démangeaisons, grâce à des laits ou des crèmes émollientes,mais en excluant les produits parfumés d’une part, et les formes trop grasses comme les baumes et les pommades d’autre part.

Quels produits de toilette utiliser ?

L’usage pour la toilette de savons surgras, de gels nettoyants destinés à la toilette intime et mieux encore de syndets (ou détergents synthétiques) limitera l’assèchement de la peau et des muqueuses. On peut également recommander, afin de limiter l’humidité locale, un séchage soigneux après la toilette, en tamponnant avec une serviette plutôt qu’en frottant, voire en utilisant un sèche-cheveux à moyenne température.

Quels vêtements peut-on porter ?

Il faut préférer les sous-vêtements en fibres naturelles (coton) à ceux en fibres synthétiques, et des pantalons peu serrés, afin de diminuer la transpiration et de limiter l’humidité locale.

L’atteinte du pli inter-fessier est-elle systématique lorsque l’on a une atteinte génitale ?

Si l’atteinte du pli inter-fessier est fréquente en cas de psoriasis localisé aux plis inguinaux, elle est plus rare en cas de psoriasis du scrotum ou du pénis. Les conseils d’hygiène et le principe de traitement du psoriasis génital s’appliquent d’ailleurs au psoriasis du pli inter-fessier.

Conseils et remarques appropriés

Peut-on utiliser un préservatif en pleine poussée de psoriasis?

Si certains patients décrivent une aggravation de leur psoriasis génital avec le port de préservatif, d’autres indiquent que celui-ci facilite les rapports, en diminuant les traumatismes par frottement.

C’est donc à chaque patient d’évaluer les effets du préservatif sur son psoriasis, l’important étant de recourir à un autre mode de contraception et/ou de prévention des infections sexuellement transmissibles en cas de non utilisation du préservatif.

Faut-il éviter les rapports avec pénétration si le pénis est enflammé ?

Les rapports ne sont à éviter que si le psoriasis les rend inconfortables voire douloureux. Une augmentation du confort pourra être obtenue par l’utilisation d’un gel lubrifiant.

Le psoriasis peut-il provoquer des troubles sexuels ?

Des troubles sexuels sont présents, à différents degrés, chez 25 à 70 % des patients atteints de psoriasis, et sont plus fréquents en cas d’atteinte génitale. Ces troubles peuvent affecter la libido, l’érection (impuissance), ou l’éjaculation. Après avoir éliminé une cause organique autre que le psoriasis (trouble hormonal, neurologique ou vasculaire), un traitement (médicaments ou psychothérapie) peut être envisagé.

Comment différencier le psoriasis d’une mycose ? Peut-on par ailleurs avoir les deux en même temps ?

Un psoriasis génital peut en effet se surinfecter et se compliquer d’une mycose. Une mycose sera à suspecter en cas de rechute du psoriasis génital alors que le traitement est bien conduit, ou en cas d’apparition de lésions génitales différentes du psoriasis initial. En cas de doute, un prélèvement mycologique local sera réalisé afin d’authentifier la mycose.

Peut-on confondre psoriasis génital et IST (Infection Sexuellement Transmissible) ?

Il est habituellement aisé pour un dermatologue de distinguer cliniquement un psoriasis génital d’une IST, mais en cas de doute, il pourra réaliser des prélèvements locaux ou sanguins à la recherche d’infection, voire réaliser une biopsie cutanée au niveau génital afin d’authentifier le psoriasis et d’éliminer une IST.

Dr Jean-Noël DAUENDORFFER, dermatologue à Paris

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Psoriasis du visage

Descriptif

Il est deux fois plus fréquent chez l'enfant que chez l'adulte.
Les taches sont rouges bien limitées, avec des fines squames sèches, ou plus grasses.

C'est la raison pour laquelle on le confond volontiers avec une dermite séborrhéique. À noter que le retentissement psychologique de ce type de psoriasis est important.

Chez l'enfant, les lésions sur les paupières et autour de la bouche sont fréquentes.

Chez l'adulte, les lésions du visage sont généralement associées à des plaques sur d'autres régions du corps. L'atteinte du visage s'exprime le plus souvent par de petites squames grasses sur le front, les sourcils et les ailes du nez : cette forme clinique est appelée dermite séborrhéique. Lorsque cette dernière est associée à un psoriasis du corps, on parle parfois de sébo-psoriasis.

Comment le soigner/traiter ?

  • Le nettoyage : avec un pain ou un gel « sans savon »
  • L’hydratation quotidienne : crème sans parfum et plusieurs fois par jour si nécessaire ;
  • Les dermaocorticoides : dérivées de la cortisone, ne doivent pas être utilisés sur des périodes de temps trop longues. Conformez-vous à l’ordonnance du médecin. En cas de persistance de votre psoriasis, consultez votre dermatologue car des solutions existent.

Conseils et remarques appropriés 

Comment le cacher ?

Pour des raisons esthétiques, le psoriasis du visage - une localisation assez rare par rapport à celle du corps et du cuir chevelu - fait souvent l'objet d'une prise en charge précoce.

Il est tentant de vouloir cacher les plaques rouges et disgracieuses et il est tentant de les cacher derrière ses cheveux. Mieux vaut pourtant laisser son visage profiter de l'air et de la lumière du soleil pour faciliter la cicatrisation.

Le maquillage correcteur est pratique et permet de camoufler les plaques disgracieuses à l’occasion d’une sortie ou pour se sentir mieux tout simplement.

En attendant que le traitement prescrit par le médecin fasse son effet, certaines crèmes couvrantes permettent de dissimuler les plaques.

Toutefois il est préférable de limiter ce « camouflage » aux sorties, afin de laisser la peau respirer le plus souvent possible !

Comment se laver ?

Utiliser des produits de toilette non irritants, doux, généralement recommandés pour les soins de peaux fragiles.
Après la douche, prendre l'habitude de sécher la peau du visage en la tapotant et non en la frictionnant.

Appliquer ensuite une crème hydratante ; cette mesure est particulièrement importante durant les mois d'hiver et lorsque l'air est sec car l'air ambiant accentue la sécheresse de la peau.

Comment raser une peau fragile ?

Il est conseillé d'utiliser un rasoir électrique, moins agressif que le rasoir mécanique.

Comment protéger le visage des agressions du climat ?

La peau du visage est délicate et lorsqu'elle est atteinte par le psoriasis elle est beaucoup plus sensible aux agressions du temps que d'ordinaire. Elle s'adapte moins facilement aux changements de température.

Durant l'automne et l'hiver, le froid et le vent la dessèchent. Avant de sortir, appliquer une crème protectrice pour le visage.

Au printemps et en été, la chaleur et la lumière du soleil peuvent aussi aggraver l'inflammation. En cas de fort ensoleillement, éviter une exposition directe pour ne pas brûler la peau. Utiliser une crème protectrice adaptée - de préférence « écran total » pour le visage - surtout en cas de poussée de psoriasis.

En dehors des épisodes plus sensibles, une exposition raisonnable au soleil contribue plutôt à la cicatrisation, dans la plupart des cas.

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Voyager avec mon traitement par injection

Documents nécessaires avant votre départ

En cas de départ à l’étranger, consultez votre médecin pour vous assurer d’avoir la quantité de médicaments nécessaire.

N’oubliez pas de lui demander de vous établir un certificat médical et/ou une ordonnance (en anglais) pour vous permettre de transporter votre traitement par biothérapie en cabine dans l’avion si vous empruntez ce moyen de transport.

  • Certificat médical bilingue.
  • Carte européenne d’assurance maladie
  • Pour un pays situé dans l’Union Européenne, vous devez demander au moins deux semaines avant votre départ votre carte européenne d’assurance maladie.

Si vous devez vous rendre dans un pays hors de l’Union Européenne, renseignez-vous auprès de votre caisse d’assurance maladie sur les formalités à accomplir concernant votre protection sociale.

Précautions à prendre avant votre départ

Vaccins :