Les traitements du rhumatisme psoriasique

Rédigé par Dr Lavie, 1 octobre 2013

Les traitements symptomatiques

Comme leur nom l’indique, ces traitements n’ont pour but que de soulager le patient de manière transitoire (durant la période d’effet du médicament).

Les antalgiques simples (Doliprane®, Diantalvic®, Topalgic®, Efferalgan Codéine® etc…) n’ont qu’une efficacité médiocre sur les douleurs.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens  (tels que l’Apranax®, le Voltarene®, le Bi-Profénid® etc… que l’on a souvent tendance à confondre avec les antalgiques) ont en revanche une efficacité beaucoup plus spectaculaire, sans pour autant risquer d’aggraver la maladie cutanée.

La corticothérapie par voie générale n’est pas indiquée le plus souvent, car elle risque de déstabiliser le psoriasis cutané, provoquant des poussées cutanées lors de la diminution des doses.

Les traitements de fond

Le Méthotrexate® est aujourd’hui le traitement de fond de référence dans le rhumatisme psoriasique. En effet, à la dose de 0,3mg/kg/semaine en une prise orale hebdomadaire, il permet d’avoir une efficacité démontrée sur les manifestations articulaires périphériques (atteintes des articulations des membres), ainsi que sur les manifestations cutanées. En revanche, l’efficacité du Méthotrexate® sur les atteintes inflammatoires rachidiennes n’a pas été démontrée.

Plus récemment, les biothérapies dirigée contre une protéine pro-inflammatoire appelée TNFa ont été étudiées dans cette maladie, avec des résultats spectaculaires : on les appelle « les anti-TNFa ». Ces médicaments sont au nombre de trois à être commercialisés dans le traitement du rhumatisme psoriasique. En termes d’efficacité ou de tolérance, aucune étude à ce jour n’a permis de mettre en évidence une quelconque différence entre ces différents traitements. Toutefois, il n’est pas rare qu’un patient donné réagisse mieux à tel traitement qu’avec tel autre… ce sont des variations individuelles dont on ne comprend pas très bien l’explication.

Les seules différences résident donc dans les modalités d’administrations de ces médicaments (puisque les prix de ces traitements sont identiques). L’infliximab (Rémicade®) se donne en perfusions réalisées toutes les 8 semaines en hospitalisation de jour. L’étanercept (Enbrel®), est lui administré par voie sous-cutanée une fois par semaine. L’adalimumab (Humira®), le dernier arrivé de cette famille de traitements, est administré par voie sous-cutanée toutes les deux semaines. Ces médicaments ont pour principal effet secondaire une augmentation des infections sévères. Il convient donc de les prescrire à bon escient, et de s’assurer de la justesse du diagnostic avant de le donner à un patient.

Il n’en reste pas moins que l’arrivée de ces nouveaux traitements sur le marché a littéralement révolutionné la prise en charge des patients atteints de rhumatisme psoriasique, en changeant le cours de leur maladie.