Le rhumatisme psoriasique

Rédigé par Dr Lavie, 1 octobre 2013

C’est au XVIIIème siècle que le rhumatisme psoriasique a été décrit par un français pour la première fois sous le nom de « rhumatisme lépreux ».  Mais il a fallu attendre 1964 pour que l’American College of Rheumatology (ACR) reconnaisse cette maladie sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui et la rattache à la famille des spondylarthropathies.

Malgré la succession d’études épidémiologiques et de l’existence de cohortes de patients suivies depuis plus de 20 ans, beaucoup de questions se posent encore aujourd’hui sur la manière de parvenir au diagnostic, d’évaluer le pronostic, de réaliser le suivi et le traitement des patients. En effet, selon les pays et les praticiens, la prise en charge d’un rhumatisme psoriasique peut être totalement différente d’un endroit à un autre.

A l’heure où de nouvelles thérapeutiques innovantes commencent à démontrer leur efficacité spectaculaire dans cette maladie, il est donc plus que jamais fondamental de permettre au plus grand nombre, et pas seulement aux praticiens spécialisés, de faire le diagnostic de cette maladie, de manière à permettre au plus grand nombre d’avoir accès à ces nouveaux traitements.

Une maladie inflammatoire chronique fréquente trop souvent méconnue…

L’un des problèmes cruciaux qui touche le rhumatisme psoriasique, c’est qu’il n’existe toujours pas aujourd’hui de consensus autour de critères diagnostiques clairement définis et qui permettraient sans doute de repérer certains patients qui passent actuellement entre les mailles du filet. Plusieurs classifications ont été proposées, mais aucune n’a été retenue par l’ensemble de la communauté rhumatologique internationale.

La difficulté dans la réalisation du diagnostic de rhumatisme psoriasique réside essentiellement dans le fait que cette maladie ressemble à plusieurs autres rhumatismes inflammatoires.

Par l’atteinte inflammatoire des articulations des mains et des pieds, qui peut évoluer vers une destruction complète de ces articulations, le rhumatisme psoriasique ressemble à la polyarthrite rhumatoïde.

Par son association fréquente à l’inflammation des insertions tendineuses et ligamentaires (que l’on appelle « enthésites » dans le jargon médical, ainsi que par son association à une atteinte inflammatoire du rachis lombaire et des articulations sacro-iliaques (localisées dans les fesses), le rhumatisme psoriasique peut parfois être assimilé à une spondylarthrite ankylosante (de la même famille des spondylarthropathies).

Quoiqu’il en soit, les experts se rejoignent de plus en plus autour du concept selon lequel il est nécessaire que le patient ait présenté un épisode de psoriasis cutané dans son histoire clinique pour que l’on puisse parler de rhumatisme psoriasique.

L’absence de critères consensuels en permettant le diagnostic s’explique donc par la complexité et la variété des tableaux de rhumatismes psoriasiques auxquels les rhumatologues peuvent être confrontés. Cela ne facilite donc pas la reconnaissance de cette maladie et explique que beaucoup de patients en souffrent sans qu’un praticien ait réussi à étiqueter leur mal.

Epidémiologie

Du fait de ces problèmes diagnostiques, on ne dispose aujourd’hui que de très peu de données épidémiologiques concernant le rhumatisme psoriasique. Et lorsqu’elles existent, les chiffres peuvent varier d’un facteur 10 ! Ainsi, selon les études la fréquence du rhumatisme psoriasique au sein de la population générale pourrait varier de 0,1 à 1%.

Le pic de survenue des manifestations cliniques se situe entre 30 et 50 ans. La répartition est identique entre les deux sexes. Dans 64 à 87% des cas, le rhumatisme psoriasique est précédé d’une atteinte cutanée. L’inverse n’est observé que dans 6 à 18% des cas. Dans 8 à 30% des cas, les deux atteintes sont simultanées.

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